La capitale togolaise a récemment accueilli une rencontre d’envergure entre les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), la CEDEAO et l’Union africaine, mettant en évidence une réalité désormais difficile à contester : la rupture engagée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger semble avoir franchi un point de non-retour.
En s’écartant des principes consacrés par les instruments de promotion de la démocratie, notamment le Protocole de la CEDEAO sur la bonne gouvernance, les pays de l’AES se sont retrouvés en quête de nouveaux appuis. Dans ce contexte, le Togo du président Faure Essozimna Gnassingbé apparaît comme un partenaire attentif et stratégique.
Lors de cette rencontre tenue le 18 avril sous l’égide de la CEDEAO et de l’Union africaine, les participants ont, de fait, acté une séparation devenue inévitable avec les États de l’AES. Ces derniers bénéficient désormais d’un soutien affirmé des autorités togolaises. Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a d’ailleurs résumé cette orientation en déclarant que son pays entend bâtir « des ponts là où d’autres veulent ériger des murs ».
Pour Lomé, les pays sahéliens ne sont pas de simples partenaires circonstanciels, mais de véritables alliés stratégiques. « Le Togo est pour le Sahel », a insisté le chef de la diplomatie togolaise, traduisant une volonté politique assumée de rapprochement.
À travers sa nouvelle stratégie tournée vers le Sahel, le Togo renforce ses liens économiques avec les pays de l’AES, notamment en facilitant le transit de marchandises via son port en eau profonde. Uranium nigérien, or et coton maliens et burkinabè trouvent ainsi un débouché logistique essentiel, consolidant davantage cette coopération.
Cette dynamique s’inscrit dans une diplomatie à la fois politique et économique, où Lomé joue habilement sa carte dans un contexte régional en recomposition. Face aux tentatives de pression de la CEDEAO pour infléchir les positions de Bamako, Ouagadougou et Niamey, le Togo adopte une posture plus conciliante et pragmatique.
Par ailleurs, ce réalignement s’accompagne d’un rapprochement croissant entre les pays de l’AES et de nouveaux partenaires internationaux, notamment la Russie, au détriment des alliances traditionnelles avec les puissances occidentales. Une évolution qui illustre la reconfiguration en cours des équilibres géopolitiques dans la région.
rédaction
diasporaction.com

