Face à l’ampleur que ne cessent de prendre le trafic illicite des personnes, le gouvernement continue de mettre en œuvre des réformes avec le soutien d’organisations internationales pour garantir un accès à la justice et une prise en charge adéquate des victimes. C’est ainsi qu’a été organisé (en juin 2026) un atelier technique crucial pour l’opérationnalisation du Mécanisme national de référencement (MNR), consolidant ainsi le dispositif de prise en charge des personnes en détresse et des victimes de réseaux criminels.
Le Mécanisme national de référencement (MNR) s’inscrit directement dans la dynamique de consolidation du dispositif national de protection et d’assistance en faveur des migrants vulnérables et des victimes de la traite des personnes. Elle intervient dans un contexte régional marqué par la complexification croissante des mouvements migratoires mixtes et la multiplication des facteurs de vulnérabilité le long des routes de transit sahéliennes.

Photo de la famille de l’atelier technique crucial pour l’opérationnalisation du Mécanisme national de référencement en juin 2026
Le Mécanisme national de référencement constitue la pierre angulaire de la réponse institutionnelle malienne face aux flux migratoires interrégionaux. L’enjeu de cet atelier technique réside dans l’harmonisation des procédures d’identification, d’orientation et de prise en charge des migrants se trouvant dans des situations d’extrême vulnérabilité. Les travaux visent à standardiser les critères d’évaluation de la vulnérabilité afin de garantir que chaque profil (mineurs non accompagnés, femmes victimes d’exploitation, personnes malades ou en situation de détresse psychologique) reçoive une réponse institutionnelle ou humanitaire adaptée et immédiate.
L’actualisation de cet outil permettra de définir clairement le rôle et les responsabilités de chaque acteur de la chaîne de référencement, depuis les agents de première ligne aux frontières et dans les centres d’accueil jusqu’aux structures judiciaires et de santé. En rationalisant ces circuits d’information et de prise en charge, le gouvernement entend réduire les délais d’intervention et maximiser l’impact des ressources allouées à l’assistance d’urgence et à l’aide au retour volontaire et à la réintégration.
L’appui technique et financier de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) demeure un levier important dans la mise en œuvre de cette feuille de route nationale. La présence effective du chef de mission de l’organisation témoigne de la volonté partagée de renforcer les capacités opérationnelles de l’État malien. Cette collaboration se traduit sur le terrain par un soutien accru aux structures étatiques de protection, le cofinancement des programmes de réintégration socio-économique et le partage de données statistiques fiables sur les dynamiques migratoires actuelles au Sahel.

Mahamadou Lamine Camara, Coordonnateur national du rapatriement du Mali
L’approche multisectorielle adoptée pour cette révision associe de fait les ministères sectoriels et la société civile, garantissant une appropriation nationale du processus. Cette synergie inclusive, renforcée avec l’OIM et les acteurs multisectoriels, permet d’aligner les protocoles opérationnels du MNR sur les engagements internationaux du Mali tout en respectant scrupuleusement les cadres législatifs nationaux relatifs à la lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants. L’opérationnalisation complète du MNR révisé va doter le Mali d’un système de gestion migratoire plus agile, plus humain et plus protecteur pour les populations en mouvement. Les conclusions issues de cet atelier technique serviront de guide pratique pour les équipes de terrain et poseront les bases d’un système de suivi-évaluation permanent du dispositif de protection.
Pour les acteurs du secteur, les chercheurs et le grand public, les détails relatifs à la nouvelle feuille de route, les documents cadres du MNR ainsi que les communiqués officiels du ministère sont accessibles en ligne.
Kader Toé
diasporaction.com

