DÉCRYPTAGE POLITIQUE: Convergence anticipatoire et clarification politique: la fin du mandat Par le Dr Moussa SARR Je le voyais venir…

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D’un point de vue purement systémique, le décret mettant fin aux fonctions d’Ousmane Sonko et actant la dissolution du gouvernement ne représente pas une anomalie, mais l’aboutissement logique d’une contrainte structurelle propre à l’architecture institutionnelle sénégalaise.

La formule magique des élections, qui postulait une gémellité politique parfaite au sommet de l’État, souffrait d’un défaut de conception majeur au regard de la théorie des systèmes, car un régime hyper-présidentiel ne peut durablement tolérer deux têtes exécutives autonomes. En posant cet acte de rupture, le président Bassirou Diomaye Faye a opéré comme un gestionnaire de crise appliquant un principe de précaution institutionnelle.

Face à la multiplication des frictions internes sur la gestion économique et les orientations stratégiques, l’activation des prérogatives présidentielles a fonctionné comme un disjoncteur d’urgence, cherchant à trancher la dualité du pouvoir avant que celle-ci ne dégénère en paralysie systémique ou en affrontements de factions.​À partir de cet instant, la théorie de la convergence anticipatoire ( Sarr, 2023) permet de modéliser les dynamiques sociopolitiques à venir, non pas comme un chaos imprévisible, mais comme une série d’ajustements forcés vers un nouvel équilibre. Le premier indicateur de cette convergence réside dans la posture immédiate d’Ousmane Sonko.

En choisissant de se repositionner en électron libre au sein de l’espace public, il déplace le curseur de la confrontation du terrain institutionnel vers le terrain politique de base. Pour le système global, le défi consiste désormais à canaliser la frustration d’une jeunesse hautement politisée pour la transformer en énergie démocratique et électorale plutôt qu’en sédition violente.

Les forces de régulation traditionnelles, notamment les autorités confrériques et les médiateurs de la société civile, s’activent déjà dans l’ombre non pas pour sceller une réconciliation factice, mais pour imposer un pacte de non-agression invisible qui préservera l’appareil d’État.​Le grand défi de cette transition réside toutefois dans la concomitance de cette fracture politique avec une conjoncture économique et financière particulièrement lourde, marquée par la gestion de la dette et les urgences sociales.

La convergence anticipatoire a pour condition de réussite la capacité des acteurs à privilégier la stabilité de l’outil commun qu’est la nation. Si la guerre des chefs paralyse l’action publique au moment où les réponses matérielles se font attendre, le modèle sénégalais de résolution des crises atteindra son point de saturation.

La rue pourrait alors s’affranchir des canaux de médiation classiques.Ce décret marque ainsi l’an I d’une gouvernance clarifiée mais hautement risquée, où la mécanique du compromis historique sénégalais fait face à son test de résilience le plus exigeant : prouver qu’elle peut stabiliser un système dont le moteur politique vient de se diviser.Je doute…

Dr. Moussa Sarr

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