AES : Burkina Faso, Mali et Niger veulent renforcer la coopération aux frontières

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Le Burkina Faso, le Mali et le Niger franchissent une nouvelle étape dans la structuration de leur coopération au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Réunis à Ouagadougou, les trois pays travaillent à la mise en place d’un cadre commun destiné à renforcer la sécurité, la mobilité, le commerce et la coordination administrative dans les zones frontalières.

Deux instruments pour rapprocher les territoires

Les travaux portent sur deux textes majeurs : un protocole additionnel au traité instituant la Confédération des États du Sahel, consacré à la coopération transfrontalière, et une décision portant création d’un cadre de concertation entre les autorités administratives des régions frontalières des trois pays.

L’objectif est de donner aux territoires frontaliers un mécanisme permanent de dialogue et de coordination, notamment entre les gouverneurs des régions concernées.

Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du Premier ministre burkinabè Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, le ministre d’État chargé de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, a présenté le dispositif comme un nouvel outil de gouvernance des espaces frontaliers.

Sécurité et lutte contre la criminalité

La sécurisation des frontières figure au cœur du projet. Le futur mécanisme doit permettre aux autorités locales de mieux coordonner leurs actions face aux menaces communes, notamment le terrorisme et la criminalité transfrontalière.

Le partage d’informations, la surveillance des frontières et la coordination entre administrations sont également envisagés pour renforcer la réponse collective aux défis sécuritaires.

Pour Émile Zerbo, les gouverneurs doivent désormais s’approprier ce dispositif afin d’en faire un instrument de prévention des crises, d’anticipation des tensions et de gouvernance de proximité.

Des frontières conçues comme des espaces de développement

Au-delà de la sécurité, les trois États entendent faire des frontières des espaces davantage intégrés.

Au Mali, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, a insisté sur la nécessité de considérer les frontières comme des espaces de vie, de paix, d’intégration et de développement.

Les communautés installées de part et d’autre des frontières entretiennent en effet des liens historiques, familiaux, culturels et économiques. Le futur protocole doit contribuer à mieux encadrer ces échanges et à faciliter la coopération entre les administrations et les collectivités territoriales.

Mobilité, commerce et ressources naturelles

La coopération envisagée concerne également la circulation des personnes et des marchandises, le commerce transfrontalier ainsi que la gestion des ressources naturelles partagées.

L’ambition est de créer un environnement plus favorable aux échanges économiques entre les territoires frontaliers, tout en renforçant les mécanismes de prévention et de règlement des conflits liés notamment à l’accès aux ressources.

Le Niger plaide pour une approche collective

Du côté nigérien, l’accent est particulièrement mis sur la nécessité d’une réponse coordonnée aux menaces qui dépassent les frontières nationales.

Le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, Ayouba Abdourahmane, a appelé à dépasser les approches strictement nationales pour mieux prendre en compte la réalité des espaces frontaliers.

Le futur cadre de concertation devrait ainsi articuler sécurité, renseignement, développement économique et cohésion sociale.

Une nouvelle brique dans l’architecture de l’AES

Ces deux instruments juridiques s’inscrivent dans la dynamique de consolidation de la coopération entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Créée en juillet 2024, la Confédération des États du Sahel constitue désormais le cadre institutionnel de leur rapprochement après leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Avec cette initiative, l’AES cherche à renforcer son intégration à partir des territoires, en donnant aux régions frontalières un rôle accru dans la sécurité, la mobilité et le développement économique.

rédaction

diasporaction.com

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