Mali : la production industrielle d’or bondit de plus de 30 % au premier semestre 2026

Date:

Share post:

Après le recul enregistré en 2025, la production industrielle d’or au Mali affiche une nette reprise au premier semestre 2026, avec 23,5 tonnes produites, contre environ 18 tonnes à la même période l’année précédente. Le gouvernement ambitionne d’atteindre 43,2 tonnes sur l’ensemble de l’année et entend renforcer les retombées économiques du secteur minier, ainsi que la lutte contre l’exploitation illégale.

Le secteur aurifère malien renoue avec la croissance. Selon les chiffres présentés par le ministre des Mines, Amadou Keïta, lors d’un point de presse tenu jeudi à Bamako, la production industrielle d’or a progressé de plus de 30 % au cours des six premiers mois de 2026, pour atteindre 23,5 tonnes, contre environ 18 tonnes durant la même période en 2025.

Cette reprise intervient après une année 2025 difficile pour l’industrie aurifère. La production industrielle s’était établie à 42,2 tonnes, contre 54,8 tonnes en 2024, soit une baisse de 22,9 %. En intégrant environ six tonnes issues de l’orpaillage, la production nationale avait atteint 48,2 tonnes, un niveau inférieur à l’objectif fixé à 54 tonnes.

Cette contre-performance était notamment liée à la baisse de production du complexe minier de Loulo-Gounkoto, dont les volumes étaient passés de 22,5 tonnes en 2024 à 5,5 tonnes en 2025.

Malgré ce recul, les recettes d’exportation de l’or ont connu une forte progression. Elles ont atteint 2 750 milliards de FCFA en 2025, contre 1 610 milliards l’année précédente. Les sociétés minières ont, pour leur part, versé 888,5 milliards de FCFA à l’État, soit une hausse de 6,4 % sur un an.

Un objectif de 43,2 tonnes d’or en 2026

Le gouvernement se montre optimiste quant aux perspectives du secteur pour l’année en cours. La reprise enregistrée au premier semestre, portée notamment par les performances de certaines grandes exploitations, renforce les espoirs d’atteindre les objectifs fixés.

Selon le ministre des Mines, la mine de Fekola a produit 8,85 tonnes d’or, tandis que celle de Loulo a enregistré une production de 6,9 tonnes. Pour l’ensemble de l’année 2026, les autorités tablent sur une production industrielle de 43,2 tonnes.

Au-delà de l’or, le lithium s’impose progressivement comme une autre composante stratégique de l’industrie extractive malienne. La mine de Goulamina a commencé ses exportations en juin 2025, tandis que celle de Bougouni a expédié son premier chargement le 1er décembre de la même année.

Entre janvier et juin 2026, la mine de Bougouni a produit 53 195 tonnes de concentré de spodumène, selon les données communiquées par le ministre. Les deux exploitations devraient contribuer à porter la capacité de production à 590 000 tonnes de concentré en 2026.

Plus de 127 milliards de FCFA mobilisés pour le développement

Les autorités mettent également l’accent sur les retombées économiques et sociales de l’exploitation minière au profit des collectivités territoriales et du développement des infrastructures.

Au titre de l’exercice 2025, le Fonds minier de développement local a mobilisé plus de 18,4 milliards de FCFA. Selon le ministère des Mines, les ressources de ce mécanisme sont réparties entre les communes directement touchées par les activités minières, les autres collectivités des zones minières et celles des autres régions du pays.

La clé de répartition prévoit 50 % des ressources pour les communes directement affectées, 25 % pour les autres collectivités des zones minières et les 25 % restants pour les collectivités des autres régions. D’après le ministre, les 819 communes du Mali ont bénéficié de ce dispositif.

À ces financements s’ajoutent les ressources destinées aux infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport. Entre le 1er janvier 2025 et le 30 juin 2026, le fonds dédié à ces investissements a mobilisé 109,14 milliards de FCFA.

Ces financements doivent notamment contribuer à la réalisation de routes, de voies ferrées et d’infrastructures énergétiques. Au total, les deux mécanismes représentent plus de 127,5 milliards de FCFA mobilisés en faveur du développement local et des infrastructures sur la période considérée.

La lutte contre l’exploitation minière illégale renforcée

Parallèlement à la relance de la production, le gouvernement entend intensifier la lutte contre l’exploitation minière illégale. Selon Amadou Keïta, ces activités entraînent d’importantes pertes de recettes pour l’État et les collectivités territoriales, tout en provoquant la dégradation des sols et des écosystèmes. Elles contribuent également à la pollution des eaux par des substances dangereuses, notamment le mercure et le cyanure.

Cette volonté de renforcer les contrôles s’inscrit aussi dans un contexte marqué par plusieurs drames sur des sites d’orpaillage traditionnel. Des accidents meurtriers ont notamment été signalés à Danga, dans la région de Koulikoro, le 29 janvier 2025, puis à Bilalkoto, dans le cercle de Kéniéba, en février de la même année, à la suite d’effondrements de sites miniers.

Pour intensifier la surveillance et faire respecter la réglementation, les autorités ont créé la Brigade spéciale des Mines par une ordonnance en date du 23 mars 2026. Dotée d’une compétence nationale et de pouvoirs de police judiciaire, cette structure est chargée de constater les infractions à la législation minière et de contribuer à la sécurisation des sites.

Avec la reprise de la production aurifère, la montée en puissance du lithium et le renforcement des mécanismes de financement du développement, le Mali entend mieux valoriser ses ressources minières. Le défi reste désormais de consolider cette dynamique tout en assurant une exploitation plus responsable, une meilleure redistribution des revenus et une lutte efficace contre les activités illégales.

rédaction

diasporaction.com

Related articles

Mali : 6 369,8 milliards de FCFA de besoins de financement prévus entre 2027 et 2029

Le Mali prévoit des besoins de financement cumulés de 6 369,8 milliards de FCFA sur la période 2027-2029....

Mali : Bamassa Sissoko nommé président de la Cour suprême

La Cour suprême du Mali connaît un changement à sa direction avec la nomination de Bamassa Sissoko au...

Enseignement technique et professionnel : Oumou Sall Seck plaide pour un investissement accru dans les compétences de la jeunesse

« Aucun pays ne peut bâtir une économie compétitive, résiliente et inclusive sans investir dans les compétences de...

Mali : le Conseil des ministres adopte de nouveaux textes, renforce la gouvernance minière et institue une Biennale sportive

Réuni le vendredi 16 octobre 2026 au palais de Koulouba, sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta,...