Le Bureau du Vérificateur général (BVG) a publié les conclusions de sa mission de vérification de l’Institut national de santé publique (INSP), portant sur la période du 1er janvier 2022 au 30 septembre 2025. Si l’établissement demeure un acteur central du système de santé malien, le rapport met en évidence de nombreuses insuffisances dans sa gouvernance, son fonctionnement administratif, la gestion de ses ressources ainsi que des irrégularités financières estimées à 425 087 874 FCFA.
Une gouvernance jugée perfectible
La vérification de performance révèle plusieurs dysfonctionnements au sein des organes de gestion de l’INSP. Le BVG constate notamment l’absence de définition des orientations stratégiques par le Conseil d’administration, la tenue irrégulière de ses sessions, le manque de rapports annuels d’activités ainsi que la non-approbation de certains actes administratifs par l’autorité de tutelle.
Le rapport souligne également une consultation insuffisante du Comité scientifique et technique ainsi que du Comité de gestion sur plusieurs décisions relevant de leurs compétences. Les projets de budget ne sont par ailleurs pas toujours soumis dans les délais réglementaires.
Le Vérificateur général recommande un renforcement du fonctionnement des organes de gouvernance, un meilleur respect des procédures administratives et une planification plus rigoureuse.
Veille sanitaire : des capacités à renforcer
L’évaluation met aussi en lumière des insuffisances dans le dispositif de veille sanitaire et de surveillance épidémiologique. Le BVG relève des ruptures d’approvisionnement en réactifs de laboratoire, un suivi limité de la qualité des analyses biomédicales et l’absence d’évaluations externes pour certains examens de routine.
Pour y remédier, il préconise la mise en place d’un mécanisme de financement des réactifs, l’informatisation de la gestion des stocks et le renforcement du contrôle qualité des analyses.
Ressources humaines et politique genre
La mission a également identifié des faiblesses dans la gestion des ressources humaines, notamment des dossiers du personnel incomplets et des postes non pourvus dans l’organigramme de l’Institut.
En matière de promotion du genre, le BVG salue les progrès réalisés dans l’accès des femmes aux postes de responsabilité, tout en recommandant un meilleur respect de la représentation équilibrée des deux sexes au sein des différents comités de l’établissement.
Des irrégularités financières de plus de 425 millions de FCFA
La vérification financière portant sur les exercices 2022 à 2025 fait ressortir des irrégularités évaluées à 425 087 874 FCFA.
Selon le rapport, ces anomalies concernent principalement :
- des imputations budgétaires irrégulières pour 9,676 millions de FCFA ;
- des pénalités de retard non appliquées pour 786 874 FCFA ;
- une minoration des redevances liées aux tests Covid estimée à 414,625 millions de FCFA.
Le BVG relève également plusieurs insuffisances comptables, notamment l’absence de livre-journal, la non-élaboration du compte de gestion 2024, des lacunes dans la comptabilité-matières ainsi que des insuffisances dans la gestion des recettes.
Des suites judiciaires envisagées
Le Bureau du Vérificateur général indique que les faits susceptibles de constituer des infractions aux règles budgétaires, financières ou pénales seront transmis à la Section des comptes de la Cour suprême ainsi qu’au Procureur de la République chargé du pôle économique et financier, conformément à la réglementation en vigueur.
À travers cette mission, le BVG appelle au renforcement de la gouvernance, des mécanismes de contrôle interne et de la transparence afin d’améliorer durablement la gestion de l’Institut national de santé publique.
rédaction
diasporaction.com

