Affaires Paramount–Embraer : le ministère public et le Contentieux de l’État maintiennent la pression

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Après les plaidoiries de la défense, le ministère public et le Contentieux de l’État sont revenus, mardi, à la barre pour réaffirmer leurs positions dans le cadre du procès dit des affaires Paramount–Embraer, devant la Chambre criminelle spécialisée en matière économique et financière du Pôle économique et financier national. Très suivies par le public bamakois, les audiences entrent désormais dans leur phase décisive, le verdict étant attendu dans les prochains jours.

Prenant la parole en tant que partie civile, le Contentieux de l’État a maintenu l’ensemble de ses prétentions financières à l’encontre des accusés, évaluées à plus de 18 milliards de francs CFA : 11 milliards pour le contrat Paramount et 7,4 milliards pour le contrat Embraer. À cela s’ajoute une demande de 15 milliards de francs CFA à titre de dommages et intérêts pour les deux dossiers.

Justifiant ces montants, le représentant du Contentieux de l’État, Aliou Issa Maïga, a évoqué des « manquements et violations graves » tout au long des procédures contractuelles, ayant causé, selon lui, des préjudices considérables à l’État malien. Il a notamment relevé l’absence de commissions de réception pour les deux contrats, ainsi que le changement de devise intervenu en cours d’exécution, passé du dollar à l’euro, entraînant une perte estimée à 1,5 milliard de francs CFA pour le Mali.

Aliou Issa Maïga a par ailleurs dénoncé des attaques personnelles dirigées contre lui et contre l’institution judiciaire. Il a tenu à rappeler que le Contentieux de l’État agit exclusivement dans le cadre de sa mission de défense des intérêts publics, rejetant toute accusation de motivation personnelle ou de recherche de promotion. « Notre seule conviction demeure la quête de la vérité », a-t-il affirmé.

De son côté, le ministère public a réitéré l’ensemble des charges retenues contre les prévenus, notamment pour faux et usage de faux, atteintes aux biens publics et blanchiment de capitaux. Le procureur Mohamedine Ag Houssa a maintenu son réquisitoire, sollicitant à nouveau dix ans de prison ferme contre les 13 accusés présents à l’audience et la réclusion criminelle à perpétuité contre les cinq prévenus absents. Selon lui, les arguments développés par la partie civile sont fondés et révèlent l’existence de manœuvres destinées à couvrir des irrégularités. « Il y a bel et bien atteinte aux biens publics et blanchiment », a-t-il insisté.

En réaction, les avocats de la défense ont contesté la solidité du dossier de l’accusation, dénonçant ce qu’ils qualifient d’« incapacité » du ministère public et de la partie civile à étayer leurs accusations par des preuves matérielles. Me Malick Coulibaly, ancien ministre de la Justice et conseil de l’ex-ministre de la Défense Tièna Coulibaly, a soutenu que les dépenses liées à l’exécution des contrats sont cohérentes et pleinement justifiées.

Après plusieurs jours de débats intenses et contradictoires, la cour s’achemine désormais vers son délibéré. Un verdict très attendu, porteur d’espoirs pour les uns et de craintes pour les autres.

rédaction

diasporaction.com

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