Alors que l’intervention militaire américaine contre l’Iran se poursuit, la question de son coût réel commence à s’imposer au centre du débat politique à Washington.
Baptisée « Epic Fury », l’opération militaire américaine est désormais entrée dans son sixième jour. Le président Donald Trump et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth ont indiqué que les opérations pourraient se prolonger pendant plusieurs semaines.
Face à cette perspective, une interrogation revient avec insistance dans les médias et au Congrès : combien cette guerre va-t-elle réellement coûter aux États-Unis ?
Des dépenses déjà bien supérieures aux prévisions
Les premières estimations montrent que les premiers jours de l’opération représentent déjà un coût considérable pour le Département de la Défense. Si certaines dépenses étaient prévues dans le budget militaire, une grande partie ne l’était pas et devra probablement être couverte par des crédits supplémentaires votés par le Congrès.
Au Sénat, les critiques commencent à s’intensifier.
Le chef des démocrates, Chuck Schumer, a déclaré :
« Il ne faut jamais permettre à l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire, mais le peuple américain ne veut pas d’une nouvelle guerre interminable et coûteuse au Moyen-Orient alors que tant de problèmes existent déjà à l’intérieur du pays. »
Selon Kent Smetters, directeur du Penn Wharton Budget Model, le coût économique global des frappes pourrait atteindre 210 milliards de dollars.
Une facture de plusieurs milliards en quelques jours
D’après les estimations du Center for Strategic and International Studies (CSIS), les 100 premières heures de l’opération auraient déjà coûté environ 3,7 milliards de dollars, soit près de 891 millions de dollars par jour.
La majorité de ces dépenses — environ 3,5 milliards de dollars — n’était pas prévue dans le budget initial du Pentagone. Elles devraient donc être financées par un budget supplémentaire adopté par le Congrès.
Les coûts se répartissent en trois catégories principales :
- Les opérations militaires : environ 196 millions de dollars pour les premières heures du conflit.
- Le renouvellement des stocks de munitions : la dépense la plus importante avec 3,1 milliards de dollars.
- Les pertes matérielles et réparations d’infrastructures : environ 350 millions de dollars.
Des milliards engloutis dans les munitions
Dans le détail, les opérations aériennes représentent la plus grande part des dépenses opérationnelles. Plus de 200 avions de combat américains participeraient à la campagne, notamment des F-35 Lightning II, F-22 Raptor, F-15 Eagle et F-16 Fighting Falcon.
Leur activité aurait déjà coûté 125 millions de dollars en 100 heures, avec environ 30 millions de dollars supplémentaires par jour tant que les frappes se poursuivent.
La composante navale joue également un rôle stratégique. Deux porte-avions américains, accompagnés de 14 destroyers et de plusieurs navires de combat, sont déployés dans le Golfe Persique et en Méditerranée orientale. Leur déploiement représente déjà 64 millions de dollars, auxquels s’ajoutent 15 millions de dollars par jour pour maintenir la flotte en opération.
Cependant, la plus grande partie des dépenses provient des munitions utilisées contre l’Iran. Les forces américaines auraient tiré plus de 2 000 munitions en moins de 100 heures. Le remplacement de ces armes — missiles de croisière, bombes guidées et systèmes de défense — pourrait coûter 3,1 milliards de dollars, dont 1,7 milliard consacré à la défense antimissile face aux attaques iraniennes de drones et de missiles balistiques.
Des pertes matérielles déjà enregistrées
Pour l’instant, les pertes matérielles restent limitées mais non négligeables. Trois avions de chasse F-15 ont été détruits lors d’un incident de tir ami au Koweït, entraînant une perte estimée à 309 millions de dollars. À cela s’ajoutent 50 millions de dollars destinés à la réparation d’infrastructures militaires endommagées.
Si l’intensité des opérations venait à diminuer, la facture quotidienne pourrait baisser. Mais dans tous les cas, Washington devra probablement solliciter de nouveaux financements auprès du Congrès pour poursuivre cette guerre.
rédaction
diasporaction.com

