À la veille de la deuxième édition du Forum international de la diaspora (FID), prévue du 16 au 18 juillet 2026 à Bamako, le parcours de Mossa Ag Attaher illustre l’évolution de la politique malienne en faveur des Maliens établis à l’étranger. Depuis le début de la Transition, le ministre a accompagné plusieurs réformes visant à faire de la diaspora un partenaire stratégique du développement économique, social et humain du pays.
Un parcours marqué par la formation et l’engagement
Né en juillet 1979 à Témera, dans le cercle de Bourem, Mossa Ag Attaher possède un parcours universitaire diversifié. Doctorant en sciences politiques à l’Université internationale de Rabat, en cotutelle avec Sciences Po Paris, il mène des recherches sur les questions sécuritaires au Sahel et les insurrections armées dans le nord du Mali.
Titulaire de plusieurs masters obtenus en gouvernance, management des organisations et santé publique, il a également participé aux négociations de l’Accord pour la paix avant de rejoindre le gouvernement de la Transition. Après avoir dirigé le ministère de la Jeunesse et des Sports, il est nommé ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine.
Un ministère recentré sur la diaspora
Sous son impulsion, le département des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine a multiplié les initiatives destinées à renforcer la protection des ressortissants maliens et à mieux valoriser leur contribution au développement national.
Selon le bilan présenté à l’occasion des cinq années de la Transition, 62 777 Maliens ont bénéficié de mesures de protection, d’assistance ou d’accompagnement, pour un financement global de plus de 56,6 milliards de FCFA.
Parmi les principales réalisations figurent la construction des centres d’accueil et d’orientation de Gogui, Gao et Kayes, le rapatriement au Mali de Yaya Cissé après onze années de détention à l’étranger, le lancement de la Cité de la diaspora avec une première tranche de 602 logements, le renforcement du programme TOKTEN en faveur de 67 doctorants maliens, ainsi que la réalisation de 30 projets de codéveloppement financés à hauteur de plus de 1,2 milliard de FCFA.
Le ministère met également en avant la modernisation des services consulaires, avec la délivrance de plus de 373 000 passeports, la mise à jour de 1,7 million de données NINA et la production de plus de 508 000 cartes consulaires.
Plusieurs mécanismes institutionnels ont aussi été créés, notamment le Cadre national pour la réintégration des migrants, le Cadre de concertation avec les Maliens établis à l’extérieur (CCMEX) et la plateforme numérique Tounkan Blon, destinée à faciliter les démarches des Maliens de la diaspora.
Protection consulaire et accompagnement des migrants
Au-delà des réformes administratives, le ministère est intervenu dans plusieurs opérations de rapatriement et d’assistance en faveur de Maliens en difficulté à l’étranger. Ces actions concernent notamment le retour de ressortissants en situation de détresse, l’accompagnement des familles confrontées à des situations de crise ainsi que la réinsertion des migrants de retour.
Les autorités rappellent également que les transferts financiers de la diaspora représentent chaque année plusieurs centaines de milliards de FCFA, d’où la volonté d’orienter une part croissante de ces ressources vers des investissements productifs.
L’intégration africaine au cœur des priorités
Le portefeuille ministériel couvre également les questions d’intégration africaine. Plusieurs initiatives ont été menées dans le cadre de la Confédération des États du Sahel (AES) et de la coopération avec les pays voisins.
Les échanges avec la Guinée ont notamment porté sur la libre circulation des personnes et des biens, la réduction des tracasseries routières, la coopération sécuritaire et la facilitation des échanges commerciaux.
Parallèlement, le ministère poursuit ses actions de sensibilisation à travers la Semaine nationale de l’intégration africaine afin de promouvoir les valeurs de solidarité, de coopération et d’unité continentale.
Le Forum international de la diaspora prend de l’ampleur
Après une première édition ayant réuni plus de 500 participants venus de plusieurs pays, le Forum international de la diaspora revient du 16 au 18 juillet 2026 sous le thème : « Diaspora malienne et investissements productifs : bâtir un Mali économiquement fort pour un développement durable ».
L’objectif affiché est de faire du FID une plateforme permanente de rencontres entre les investisseurs de la diaspora, les institutions publiques, les collectivités territoriales, le secteur privé, les banques et les partenaires techniques et financiers.
Lors du lancement officiel de cette deuxième édition, le 2 juillet 2026, Mossa Ag Attaher a souligné que la diaspora constitue un levier stratégique de développement et que le Forum vise désormais à transformer les intentions d’investissement en projets concrets créateurs de richesses et d’emplois.
Au programme figurent des rencontres d’affaires, des présentations d’opportunités d’investissement, des mécanismes d’accompagnement simplifiés ainsi que des espaces d’échanges entre investisseurs, administrations et partenaires financiers.
Un dialogue renforcé avec les partenaires économiques
En amont du Forum, le ministre a multiplié les audiences avec plusieurs acteurs économiques et institutionnels, notamment la Banque mondiale, le Groupe Toguna et la Chambre de commerce américaine au Mali (AmCham Mali).
Les échanges ont porté sur les moyens de mieux mobiliser les ressources financières, les compétences et les réseaux de la diaspora afin de soutenir les secteurs prioritaires de l’économie malienne.
Les différents partenaires ont salué l’organisation du Forum international de la diaspora et exprimé leur intérêt pour cette initiative destinée à renforcer les investissements productifs et les partenariats entre la diaspora et les acteurs économiques nationaux.
Une stratégie orientée vers le développement
Au fil des cinq dernières années, le ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine a progressivement fait évoluer son approche des politiques migratoires.
Au-delà de la protection consulaire, l’accent est désormais mis sur la valorisation des compétences de la diaspora, la modernisation des services administratifs, le développement de l’investissement productif et le renforcement de l’intégration régionale.
À travers cette orientation, les autorités ambitionnent de faire des Maliens établis à l’étranger des partenaires de premier plan dans la transformation économique, le renforcement de la souveraineté et le développement durable du Mali.
rédaction
diasporaction.com

