In memoriam : Yaya Sangaré s’est éteint, le Mali perd une grande voix de la presse et de la République

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Inna lillahi wa inna ilayhi raji’un.

Le Mali est en deuil. Yaya Sangaré est décédé le lundi 29 juin 2026 à l’hôpital Golden Life de Bamako, des suites d’une courte maladie. Il allait célébrer son 62ᵉ anniversaire le 2 juillet prochain.

Avec sa disparition, le pays perd une figure marquante de la presse, un homme politique engagé, un parlementaire respecté et un serviteur de l’État dont le parcours aura profondément marqué la vie publique malienne.

Une vie consacrée à l’information et au service de la Nation

Certaines personnalités laissent une empreinte qui dépasse largement les fonctions qu’elles ont exercées. Elles marquent les esprits par leur engagement, leur humanité et leur capacité à rassembler. Yaya Sangaré appartenait à cette catégorie d’hommes.

Né le 2 juillet 1964 à Bouaké, en Côte d’Ivoire, il grandit à Yanfolila, où il effectue ses études primaires. Après l’obtention d’un baccalauréat en série Sciences humaines à Bamako en 1983, il poursuit ses études à l’École Normale Supérieure, où il décroche en 1987 une maîtrise en Histoire-Géographie. Soucieux de renforcer ses compétences, il obtient en 2012 un MBA en médias et événementiel à l’École Supérieure de Gestion de Paris, dans le cadre d’une formation délocalisée à l’ISTA-TechnoLab de Bamako.

Une référence du journalisme malien

Professeur de formation, Yaya Sangaré choisit très tôt la voie du journalisme. Il rejoint le groupe Jamana, véritable école de référence qui a formé plusieurs générations de journalistes maliens.

Chroniqueur au journal Les Échos, directeur de l’Imprimerie Jamana de 1991 à 1993, puis directeur de Radio Jamana à Koutiala, il contribue activement au développement de la presse privée au Mali. Il préside également l’Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres du Mali (URTEL), où il œuvre en faveur de la liberté de la presse et du renforcement des médias indépendants.

Par son professionnalisme, son sens du dialogue et son attachement à une information responsable, celui que plusieurs confrères surnommaient affectueusement « le baobab de la presse malienne » laissera une empreinte durable dans le paysage médiatique national.

De la salle de rédaction à l’hémicycle

Membre fondateur de l’ADEMA-PASJ, Yaya Sangaré s’engage pleinement en politique. Élu député de Yanfolila en 2007, il représente sa circonscription jusqu’en 2018.

À l’Assemblée nationale, il se distingue par son implication dans les grands dossiers institutionnels. À partir de 2015, il préside la Commission des Affaires politiques, de la Paix, de la Sécurité et du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs. Il siège également au Parlement de la CEDEAO, où il assume plusieurs responsabilités entre 2008 et 2015.

Son parcours le conduira ensuite à exercer les fonctions de Secrétaire général du Comité exécutif de l’ADEMA-PASJ, avant d’être nommé ministre des Maliens établis à l’extérieur, puis ministre de la Communication.

L’homme derrière les responsabilités

Au-delà de ses nombreuses fonctions, Yaya Sangaré restera dans les mémoires comme un homme simple, chaleureux et profondément accessible.

Ceux qui l’ont connu évoquent un interlocuteur toujours disponible, attentif aux autres et doté d’un sens de l’humour qui détendait les échanges, même dans les moments les plus délicats. Sa porte demeurait ouverte aux journalistes, aux collaborateurs et à tous ceux qui souhaitaient échanger avec lui.

Un départ qui laisse un grand vide

En ce lundi 29 juin 2026, alors que d’épais nuages recouvraient le ciel de Bamako, c’est une autre obscurité qui s’est abattue sur le Mali. Une voix familière s’est tue. Une étoile de la presse et de la vie politique malienne s’est éteinte.

Pour beaucoup, Yaya Sangaré était plus qu’un ancien ministre ou un ancien député. Il était un homme de conviction, un bâtisseur, un défenseur du débat public et un digne fils du Wassoulou. Ceux qui le connaissaient l’appelaient affectueusement Famadjenthie, un surnom chargé d’affection et de respect.

Son départ rappelle que la volonté divine demeure souveraine. Dieu donne, Dieu reprend, selon Son dessein. Puisse le Tout-Puissant lui pardonner ses fautes, l’accueillir dans Son infinie miséricorde et lui ouvrir les portes de Son Paradis.

Que la terre du Mali, qu’il a tant servie et défendue, lui soit légère. Qu’Allah lui accorde le repos éternel. Amine.

rédaction

diasporaction.com

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