Gouvernance politique : vers un nouveau départ ?

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La gouvernance politique semble indissociable de l’action des acteurs politiques. D’où l’interrogation sur un éventuel renouveau de la classe politique malienne, après une longue période de mise à l’écart et de discrédit.

Après l’élan démocratique né de la révolution de 1992, le Mali est entré, à partir de 2010, dans une phase d’incertitudes. Celle-ci a été accentuée par le coup d’État de 2012, qui a remis en cause certains acquis démocratiques. S’en est suivie une perte progressive de crédibilité du militantisme politique, culminant avec les événements du 18 août 2020 et le dénigrement systématique des acteurs politiques. Cette situation a finalement conduit à une volonté affirmée de refondation de la gouvernance politique, matérialisée par la dissolution de l’ensemble de la classe politique.

Après cette étape de dissolution des partis politiques, les autorités semblent désormais envisager leur réhabilitation au cours de l’année 2026. Une perspective qui pourrait contribuer à apaiser le climat politique durant la transition.

Dans l’optique de renforcer la cohésion nationale et de promouvoir l’unité des forces vives, la relance de la vie politique apparaît comme une nécessité. Cette préoccupation est au cœur des priorités du président de la Transition, le Général Assimi Goïta.

Dans son adresse à la nation à l’occasion du Nouvel An 2026, le chef de l’État a d’ailleurs esquissé sa vision en la matière. Il a rappelé que, lors des Assises nationales de la Refondation, les Maliens avaient exprimé de fortes inquiétudes face aux dérives et dysfonctionnements du paysage politique, jugés responsables de la mauvaise gouvernance. Fidèle à l’engagement de mettre en œuvre les recommandations issues de ces Assises, il a indiqué avoir initié, en avril 2025, des consultations avec les forces vives afin de préciser les modalités d’application de certaines recommandations, notamment dans le cadre de la relecture de la Charte des partis politiques. Ces échanges ont abouti, entre autres, à la recommandation de dissoudre les partis politiques afin de repartir sur des bases plus saines et de procéder à leur audit.

Le Général d’Armée Assimi Goïta a également annoncé que l’année 2026 serait consacrée à l’ouverture de concertations autour de l’avant-projet de loi fixant les conditions de création et d’exercice des activités des partis politiques, conformément à l’article 39 de la Constitution.

Ainsi, 2026 pourrait marquer le retour légal des activités politiques. Les nouveaux partis, créés selon les dispositions révisées, seraient alors appelés à animer le débat public et à remplir pleinement leur rôle démocratique.

Toutefois, plusieurs interrogations demeurent. Comment les autorités comptent-elles encadrer le pluralisme politique garanti par la Constitution et les engagements internationaux du Mali ? Comment assainir durablement le paysage politique national si les mentalités, pratiques et usages restent inchangés ? Comment déconstruire l’idée largement répandue du parti politique comme simple moyen d’ascension sociale ? Et qu’en est-il des partis politiques considérés comme de simples instruments d’intérêts particuliers ?

Il revient désormais au législateur d’identifier avec précision les dérives du passé afin de poser les bases d’un renouveau politique fondé sur l’éthique et la bonne gouvernance des affaires publiques.

rédaction

diasporaction.com

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