À Bamako, les accidents de la circulation se succèdent et rappellent une réalité préoccupante : au-delà de l’état des routes et des infrastructures, les comportements des usagers restent l’une des principales causes des drames routiers.
Mardi 1er septembre 2026, la capitale malienne a une nouvelle fois été confrontée à une série d’accidents. Dans la matinée, un drame survenu à proximité de l’École normale supérieure (ENSup), au Quartier du Fleuve, a fait des victimes. Quelques heures plus tard, à Niamanan, un camion-benne a percuté un motocycliste. Dans la soirée, à l’ACI 2000, les sapeurs-pompiers ont dû intervenir pour extraire un autre motard de l’épave de son engin.
Ces accidents, qui surviennent presque quotidiennement, ne peuvent plus être considérés comme de simples faits divers. Ils révèlent un problème plus profond : celui de l’insécurité routière et de l’incivisme sur les routes maliennes.
Des chiffres qui interpellent
Les statistiques disponibles illustrent l’ampleur du phénomène. Selon le bilan 2025 présenté en avril par le ministère des Transports, 7 691 accidents de la circulation ont été enregistrés au Mali, faisant 648 morts et 8 863 blessés.
Si le nombre de décès a légèrement diminué par rapport à 2024, avec une baisse de 4,99 %, le nombre d’accidents a, lui, progressé de 0,23 %, tandis que celui des blessés a augmenté de 0,40 %.
Derrière ces chiffres se cachent des drames humains : des familles endeuillées, des enfants privés de leurs parents, des personnes confrontées à des séquelles durables et des vies profondément bouleversées.
L’incivisme au cœur du problème
L’état des infrastructures routières ne saurait, à lui seul, expliquer cette situation. Les comportements des usagers jouent également un rôle déterminant.
Excès de vitesse, impatience, dépassements dangereux, non-respect des feux de signalisation et du Code de la route ou encore conduite sous l’influence de substances sont autant de comportements susceptibles de provoquer des accidents graves.
Trop souvent, certains usagers considèrent les règles de circulation comme des contraintes réservées aux autres. Pourtant, quelques secondes gagnées sur la route peuvent avoir des conséquences irréversibles.
L’État doit renforcer le contrôle et la prévention
Face à cette situation, les pouvoirs publics ont un rôle majeur à jouer. Les efforts engagés doivent être poursuivis et renforcés, notamment à travers une présence accrue des forces chargées de la circulation, une meilleure formation des conducteurs et des campagnes régulières de sensibilisation.
Le recours aux radars et aux caméras de surveillance sur les axes particulièrement accidentogènes pourrait également contribuer à améliorer le respect du Code de la route, à condition que les infractions soient effectivement sanctionnées.
La prévention doit aller de pair avec l’application rigoureuse de la réglementation. La sécurité routière ne peut reposer uniquement sur des campagnes ponctuelles : elle doit devenir une véritable culture collective.
La responsabilité de chaque usager
Mais la réponse ne peut pas venir uniquement de l’État. Chaque conducteur, chaque motocycliste et chaque usager de la route porte une part de responsabilité.
Respecter un feu rouge, ralentir à proximité d’une école ou d’un marché, éviter les dépassements dangereux, porter les équipements de protection et ne pas conduire sous l’influence de substances sont des comportements simples qui peuvent sauver des vies.
La route n’est ni un champ de course ni un espace où chacun peut faire ce qu’il veut. C’est un espace partagé, où la prudence et le respect des règles doivent primer.
Face à la multiplication des accidents, l’urgence est donc aussi celle d’une prise de conscience collective. Car sur la route, la sécurité de chacun dépend largement du comportement de tous.
rédaction
diasporaction.com

