Investir dans la jeunesse africaine pour faire de l’intelligence artificielle un moteur du développement mondial
Organisé par l’Union internationale des télécommunications (UIT) et les Nations unies, le sommet AI for Good Global Summit (sommet mondial) 2026 s’est tenu à Genève (Suisse) du 7 au 10 juillet. Ce rendez-vous mondial a réuni des innovateurs et des décideurs pour développer des solutions concrètes basées sur l’IA (Intelligence artificielle) afin d’accélérer les Objectifs de développement durable (ODD). L’événement de cette année a mis l’accent sur la gouvernance, les normes internationales et l’acquisition de compétences pour les pays en développement. Au nom de l’Afrique, le président Paul Kagame y a fait des sorties remarquables en balisant le contexte et les enjeux de l’IA pour le continent, sa jeunesse notamment.
« L’intelligence artificielle a le pouvoir de transformer des vies et de renforcer les économies ». Telle est la conviction déclarée du président du Rwanda, Paul Kagame, au nom de l’Union africaine (UA) au lancement de l’Africa AI Council, un événement lié au sommet AI for Good Global Summit (sommet mondial) 2026 qui s’est tenu à Genève (Suisse) du 7 au 10 juillet. L’objectif était de « stimuler le développement éthique de l’IA sur le continent africain ». Et pour une fois, le continent semble être déterminé à prendre le train à quai. C’est en tout cas le souhait du président rwandais qui, à Genève, a exhorté l’Afrique à ne plus être uniquement consommatrice de technologies, mais à participer activement à leur création et à leur déploiement. « En Afrique, nous ne nous contentons plus d’être de simples consommateurs passifs de technologie. Nous voulons également construire et déployer ces technologies à grande échelle », a-t-il déclaré. Pour ce faire, il a invité les dirigeants du continent à « investir dans l’intelligence artificielle pour garantir notre avenir ainsi que celui des générations à venir »…



Le président Paul Kagame est l’un de ces rares dirigeants à avoir compris très tôt que les nouvelles technologies vont profondément influencer tous les secteurs de l’émergence socioéconomique des États
Dans son discours, le président Paul Kagame a identifié trois domaines prioritaires pour garantir un développement équitable de l’intelligence artificielle : les infrastructures, les compétences et la gouvernance. Par rapport aux infrastructures, il a appelé à renforcer l’accès à la puissance de calcul, à la connectivité et à l’énergie, estimant que « c’est une tâche qui nécessite une collaboration entre les gouvernements et le secteur privé ». En ce qui concerne les compétences, il a insisté sur l’importance d’adapter les systèmes éducatifs aux nouvelles exigences technologiques. « Les talents existent partout, mais les opportunités de les valoriser ne sont pas toujours disponibles », a-t-il expliqué. Le président Kagame a également mis en avant la nécessité d’une gouvernance responsable de l’IA, notant que « les structures de gouvernance de l’IA doivent renforcer la confiance et la transparence, et non créer davantage de divisions ».
Aider l’Afrique à faire face aux grands défis liés à son développement
« L’Afrique est bien placée pour contribuer à l’économie numérique. D’ici 2050, notre continent aura la main-d’œuvre la plus importante et la plus rapide au monde. Il y a beaucoup d’histoires de réussite sur ce que nos jeunes font sur le continent avec l’intelligence artificielle. Nous devons investir en eux. Ce sera un gagnant-gagnant pour tout le monde », a-t-il souligné. Pour le chef de l’État rwandais, « l’essentiel, c’est que pour que l’IA serve l’humanité dans son ensemble, nous devons le faire correctement en Afrique et partout ailleurs ». C’est pourquoi il est important et judicieux d’investir dans la jeunesse africaine pour garantir que « l’IA serve l’humanité de manière équitable et inclusive ».
Le président Kagame a exhorté la communauté internationale à investir dans les infrastructures de connectivité et le capital humain sur le continent afin d’éviter qu’il ne subisse une nouvelle révolution technologique avec un train de retard. Face aux rivalités géopolitiques, il a appelé les pays du monde à transformer ces tensions en opportunités et à mettre en place des normes inclusives. « L’objectif principal est de réduire les inégalités mondiales au lieu de les creuser », a-t-il indiqué. « Les rivalités géopolitiques ont transformé la technologie en une compétition. Cela détourne l’attention de la manière dont les outils d’IA peuvent accélérer le développement. Cependant, malgré ces lacunes, nous devons rester optimistes. Il est de notre responsabilité de transformer les obstacles en opportunités qui pourront servir chacun d’entre nous à mesure que nous avançons », a-t-il affirmé.

Paul Kagame parmi les personnalités présentes au sommet AI for Good Global Summit (sommet mondial) 2026 qui s’est tenu à Genève (Suisse) du 7 au 10 juillet
Organisé conjointement par l’UIT et la Suisse, le Sommet mondial « AI for Good » réunit des chefs d’État et de gouvernement, des responsables d’entreprises, des décideurs politiques, des chercheurs, des innovateurs ainsi que des représentants de la société civile venus du monde entier. Son objectif est de favoriser le dialogue international afin d’exploiter le potentiel de l’intelligence artificielle dans des domaines aussi variés que la santé, l’éducation, l’agriculture, l’environnement, les transports, la lutte contre les catastrophes ou encore la transformation numérique.
Placée cette année sous le thème « Libérer le potentiel de l’intelligence artificielle au service de l’humanité », le sommet de 2026 devait notamment permettre aux participants d’examiner le potentiel de l’intelligence artificielle, l’élaboration de normes privilégiant des opportunités plus inclusives et l’évolution du rôle de l’IA dans le soutien à l’innovation.
Le Sommet AI for Good constitue aujourd’hui la principale initiative des Nations unies consacrée à l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle pour relever les grands défis mondiaux. Les participants à ces sommets travaillent également à l’élaboration de normes internationales et au partage des connaissances afin de créer un environnement propice à l’innovation et à une adoption responsable des technologies de l’intelligence artificielle à travers le monde.
Moussa Bolly
PAUL KAGAME, PRÉSIDENT DU RWANDA
Un leadership reconnu et légitimement récompensé
Des médicaments distribués par des drones dans des régions inaccessibles d’un pays au relief accidenté, une administration presque entièrement digitalisée, la multiplication des initiatives de télémédecine… Le président Paul Kagame est l’un de ces rares dirigeants à avoir compris très tôt que les nouvelles technologies vont profondément influencer tous les secteurs de l’émergence socioéconomique des États. Aujourd’hui, il préside une commission des Nations unies qui rassemble plus de 40 dirigeants pour élargir l’accès aux technologies et renforcer la confiance mondiale dans l’IA.

Grâce à son leadership incontesté dans le secteur des TICs et de l’IA, le président Paul Kagame du Rwanda copréside la nouvelle Commission mondiale «AI for Good» des Nations unies depuis le 2 juillet 2026
Dans son intervention au lancement de l’Africa AI Council, un événement lié au sommet AI for Good Global Summit (sommet mondial) 2026 qui s’est tenu à Genève (Suisse) du 7 au 10 juillet, Paul Kagame a présenté certaines initiatives mises en place au Rwanda dans le domaine de l’intelligence artificielle, notamment dans le secteur de la santé. « Au Rwanda, nous avons mis en place le Centre d’intelligence en santé, qui collecte des données en temps réel dans l’ensemble de notre système de santé et utilise l’IA pour prévoir les épidémies », a-t-il indiqué, affirmant que ces technologies permettent aux autorités de « prendre de meilleures décisions politiques » grâce à l’exploitation judicieuse des données. Réuni le 8 juin 2026 au Village Urugwiro, sous la présidence de Paul Kagame, le Conseil des ministres a approuvé la création de la National Artificial Intelligence Agency (Agence nationale de l’intelligence artificielle).

Le Rwanda privilégie les TICS pour son émergence socio-économique
Ce leadership va au-delà des frontières de son pays, faisant du chef de l’État rwandais le porte-parole de tout un continent dans le domaine des TICs. On se rappelle ainsi du « discours passionnant et passionné » prononcé lors du 6ᵉ Sommet Transform Africa (TAS 2023) qui se déroulait aux chutes Victoria au Zimbabwe en 2023. Pour la circonstance, Paul Kagame était conscient des enjeux liés à l’Intelligence artificielle (IA) et avait appelé l’Afrique à accélérer son adoption. Et d’autant plus que, selon lui à l’époque, cette « technologie cruciale » allait être un levier clé pour le développement économique et social du continent. « L’IA, qui permet aux ordinateurs de résoudre des problèmes de manière autonome, reste insuffisamment développée en Afrique », avait alors déploré le président Kagame. Le chef de l’Etat rwandais avait aussi souligné que l’impact de l’IA sur l’avenir du travail et sa sécurité est encore incertain. Cependant, il est convaincu que le continent africain doit cesser de tergiverser et accélérer son adoption de cette technologie. Il avait insisté sur le fait que transformer l’Afrique signifie construire une économie basée sur les technologies de pointe, capables d’accélérer et de transformer radicalement des secteurs clés tels que l’agriculture, l’exploitation minière et le commerce.

Le Rwanda mise sur les nouvelles technologies pour son émergence socio-économique
Le président avait également reconnu l’existence d’obstacles à franchir, notamment en termes d’accès à Internet et aux dernières technologies. En 2023, bien que plus de 60 % des Africains aient accès au haut débit, ils étaient malheureusement trop peu à l’utiliser. À noter que cinq pays (Rwanda, Angola, Djibouti, Guinée et Tunisie) ont approuvé un accord instituant le Smart Africa Forum, qui ambitionne de faire de l’Afrique un marché unique de la technologie d’ici à 2030.
Le sommet de Genève a donc eu lieu dans un contexte où le Rwanda multiplie les initiatives pour faire de l’intelligence artificielle un moteur de son développement économique et de celui de l’Afrique. Ce n’est donc pas surprenant que le président du Rwanda, Paul Kagame, ait été désigné coprésident de la nouvelle Commission mondiale « AI for Good » (l’IA au service du bien) des Nations unies, une instance de haut niveau chargée de promouvoir une utilisation responsable et inclusive de l’intelligence artificielle (IA).
Il a été nommé coprésident de cette commission le 2 juillet 2026 aux côtés de Marc Benioff, PDG et cofondateur de Salesforce, et de plusieurs dirigeants internationaux, dont Doreen Bogdan-Martin, secrétaire générale de l’Union internationale des télécommunications (UIT), qui occupe le poste de vice-présidente de la Commission. Cette nouvelle institution aura pour mission d’accélérer le développement et l’adoption des technologies de l’intelligence artificielle au Rwanda, de stimuler l’innovation, d’attirer les investissements, de renforcer la gouvernance du secteur et de favoriser l’intégration de l’IA dans les différents secteurs de l’économie.
La création de cette commission répond à un objectif ambitieux : faire de l’intelligence artificielle un levier de développement capable de réduire les écarts technologiques entre les pays développés et les pays en développement. Soutenue par l’Union internationale des télécommunications et l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), la commission s’appuiera sur l’expérience de la Commission des Nations unies sur le haut débit (Broadband Commission), qui a œuvré entre 2010 et 2025 pour favoriser l’accès à Internet à travers le monde.
Plutôt que de promouvoir une réglementation rigide, la nouvelle instance privilégiera le dialogue international autour de la gouvernance de l’intelligence artificielle. Elle travaillera aussi à l’élaboration de principes directeurs et de normes techniques communes, tout en accompagnant les États dans le renforcement de leurs capacités afin qu’ils puissent tirer pleinement parti des opportunités offertes par cette technologie.
La Commission « AI for Good » rassemble plus de quarante personnalités issues des secteurs public, privé et multilatéral, parmi lesquelles des chefs d’État, des dirigeants d’entreprises technologiques de premier plan, des responsables d’agences des Nations unies ainsi que des représentants d’organisations internationales. Parmi ses membres figurent notamment Jensen Huang, dirigeant de Nvidia ; Andy Jassy, directeur général d’Amazon ; Brad Smith, vice-président de Microsoft, ainsi que des responsables des entreprises spécialisées en intelligence artificielle Anthropic et Cohere. La commission comprend également des représentants de grandes entreprises internationales telles qu’Accenture et Reliance Industries, les présidents de l’Estonie et de l’Islande, des ministres de Singapour et du Nigeria, ainsi que des responsables d’agences des Nations unies et de l’Union africaine.
Dans un rapport publié en 2023, la Goldman Investment Bank soulignait que l’IA pourrait bien être une révolution du travail, remplaçant jusqu’à 300 millions d’emplois, mais créant parallèlement de nouvelles opportunités et augmentant la productivité de 7 %.
Moussa Bolly
diasporaction.com

