FONDS D’INVESTISSEMENT DE LA DIASPORA MALIENNE :Une initiative visant à faire de l’épargne de la diaspora le tremplin de prospérité du Mali

Date:

Share post:

À la veille de la seconde édition du Forum des investisseurs de la diaspora (FID), organisée à Bamako du 16 au 18 juillet 2026, le Conseil supérieur de la diaspora malienne (CSDM) avait soumis aux participants, via les organisateurs, la création d’un Fonds d’investissement de la diaspora malienne (FIDM) comme contribution aux débats. L’objectif étant de faire de l’épargne de la diaspora un moteur durable de création de richesses, d’emplois et de prospérité pour notre pays.

Créer un Fonds d’Investissement de la diaspora malienne (FIDM) placé sous le haut patronage du ministre de l’Économie et des Finances. Telle est la « proposition ambitieuse » soumise par le Conseil supérieur de la diaspora malienne (CSDM) afin de « transformer l’importante capacité financière de la diaspora en un véritable levier de développement économique national ». Cette proposition a été faite à partir du constat que « les Maliens établis à l’extérieur transfèrent plus de 1 800 milliards de francs CFA vers le Mali. Ces transferts constituent l’une des premières sources de devises du pays et jouent un rôle essentiel dans le soutien des familles ».

Cependant, a déploré le CSDM, « les investissements productifs ne représentent aujourd’hui qu’environ 2 à 3 % de ces flux financiers. L’essentiel des transferts est consacré aux dépenses sociales et familiales ». D’où la nécessité et l’urgence de créer « un mécanisme fiable, sécurisé et attractif permettant d’orienter une partie de ces ressources vers le financement de l’économie nationale ». Le FIDM aura pour mission de mobiliser l’épargne volontaire des Maliens de l’extérieur afin de financer des projets structurants et créateurs d’emplois. Le CSDM a souhaité qu’il soit mis en place avec la participation de : l’État du Mali ; le ministère des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine ; le ministère de l’Économie et des Finances ; le Conseil supérieur de la diaspora malienne (CSDM) ; le Haut conseil des Maliens de l’extérieur (HCME). Il est aussi souhaité la participation des organisations faîtières du secteur privé comme l’APCAM ; la CCIM ; le CMC ; les organisations membres du Cadre de concertation des maliens établis à l’Extérieur  (CCMEX) ; les banques commerciales maliennes ; les établissements financiers et des partenaires techniques et financiers.

Les présidents du CSDM et du CNPM, respectivement Baïdy Dramé et Mossadeck Bally, au siège du patronat le 13 juillet 2026

Selon le document soumis par le CSDM à l’appréciation de la seconde édition du FID, le fonds doit être administré par un conseil d’administration réunissant l’ensemble des parties prenantes afin de garantir la transparence ; la bonne gouvernance ; le contrôle des investissements ; la rentabilité des projets financés ; la confiance des investisseurs de la diaspora.

Dans son raisonnement, le CSDM préfère un fonds à une banque de la diaspora parce qu’il estime qu’il est aujourd’hui « plus pertinent de créer un fonds d’investissement plutôt qu’une nouvelle banque ». Et cela d’autant plus que « les principales banques maliennes disposent déjà de réseaux et de représentations dans les principaux pays d’accueil de la diaspora ». Sans compter qu’elles (banques) maîtrisent les circuits de transfert internationaux ; bénéficient déjà de la confiance des clients maliens à l’étranger ; et qu’aucune banque ne souhaite perdre une clientèle comme la diaspora.« Le fonds pourra ainsi être logé au sein de deux grandes banques maliennes, sélectionnées sur des critères de solidité financière, de transparence et de couverture internationale. Cette solution permettra une mise en œuvre rapide tout en limitant les coûts de création d’une nouvelle institution bancaire », a assuré le conseil. L’agriculture et l’agro-industrie ; l’élevage ; les énergies renouvelables ; le numérique; les PME-PMI ; les infrastructures économiques ; le logement ; la santé ; l’éducation ; le tourisme ; les industries culturelles et créatives ; les projets portés par les jeunes entrepreneurs ; les projets des femmes entrepreneures… sont, entre autres, les secteurs prioritaires de financement à partir du fonds.

Le Bureau exécutif du CSDM est convaincu que le fonds va favoriser la transformation d’une partie des transferts familiaux en investissements productifs ; la création de milliers d’emplois pour les jeunes ; la réduction du chômage… Il va aussi favoriser le retour des compétences de la diaspora ; renforcer le secteur privé national ; attirer les investisseurs internationaux ; accélérer la croissance économique du Mali. 

L’adhésion du patronat malien

« Le CSDM invite les autorités de la Transition à soutenir cette initiative stratégique afin de faire de la diaspora un acteur majeur du développement économique national », ont souhaité les responsables du CSDM. Leur souhait était également que la seconde édition du FID marque « le début d’une nouvelle dynamique où les Maliens établis à l’extérieur ne seront plus seulement des contributeurs sociaux, mais également des investisseurs institutionnels au service du développement du Mali ».

Le 20 juillet 2026, le CSDMF a pris part à l’accueil de la délégation nationale de Vovinam Viet Vo Dao participant à Paris à la 7ᵉ Coupe du monde en France

Bien avant la seconde édition du Forum international de la diaspora (FID2, du 16 au 18 juillet 2026 au CICB), le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) avait manifesté son soutien à cette initiative. Un soutien officialisé à l’issue d’une rencontre entre les présidents du CSDM et du CNPM, respectivement Baïdy Dramé et Mossadeck Bally, au siège du patronat le 13 juillet 2026. À l’issue des échanges fructueux, les organisations ont décidé d’unir leurs efforts pour la création du Fonds d’investissement de la diaspora malienne. Un projet stratégique porté par le CSDM depuis plus de dix ans afin de mobiliser les ressources financières, les compétences et l’expertise des Maliens établis à l’extérieur au profit du développement économique et social du Mali.

Les échanges ont donc abouti à une convergence de vues sur la nécessité de créer un comité technique multisectoriel chargé d’élaborer les modalités de mise en œuvre du Fonds. Ce comité regroupera notamment les structures membres du Cadre de concertation des Maliens établis à l’extérieur (CCMEX), le ministère des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, le ministère de l’Économie et des Finances, les établissements bancaires, les investisseurs maliens de la diaspora, les organisations professionnelles, ainsi que les institutions financières nationales et internationales. Le CSDM a exprimé le souhait que le président du CNPM, M. Mossadeck Bally, assure la coordination de cette dynamique en fédérant l’ensemble des parties prenantes (pouvoirs publics, secteur privé, organisations de la diaspora et partenaires techniques et financiers) autour de cette initiative d’intérêt national.

Moussa Bolly

diasporaction.com

Related articles

BILAN DE LA REFONDATION :Plus de 56 milliards de francs CFA mobilisés pour leur protection et l’accompagnement des Maliens de l’extérieur

Au Mali, fin juin et début juillet ont été consacrés au bilan des cinq années de transition sous...

ARTISANAT :Le triomphe de Timidwa au Grand Prix de l’Innovation et de l’Authenticité de l’Artisanat

Au Nouveau-Mexique (États-Unis), Timidwa (amitié en Tamasheq) a été sacrée lauréate du « Grand Prix de l'Innovation et de...

Mali : les 82 militaires libérés reçus par le Président Assimi Goïta

Libérés le 13 août dernier après plusieurs mois de captivité, les 82 militaires maliens ont été reçus, lundi...

CAN féminine Maroc 2026 : le Cameroun décroche son premier sacre continental

Le Cameroun a remporté, dimanche 16 août 2026, la 14ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations féminine,...