Quelques mois après sa nomination à la tête du ministère de l’Énergie et de l’Eau, Pr Tiémoko Traoré multiplie les initiatives destinées à renforcer les infrastructures énergétiques du Mali. Entre nouveaux projets de transport d’électricité, développement de l’hydroélectricité et mobilisation de financements, le département entend poser les bases d’une amélioration durable de l’approvisionnement électrique du pays.
L’une des principales avancées est l’adoption, par le Conseil national de la Transition (CNT), d’un projet de loi autorisant le financement du Projet de la Boucle Nord 225 kV autour de Bamako (PBNB). Présenté par le ministre le 25 juin 2026, le texte a été adopté à l’unanimité des 128 membres présents, ouvrant ainsi la voie à la mise en œuvre de cette infrastructure stratégique.
Le même jour, le Conseil des ministres a également adopté plusieurs projets de textes relatifs au financement de la future centrale hydroélectrique de Kourouba, illustrant la volonté des autorités de diversifier les sources de production d’électricité.
La Boucle Nord 225 kV pour renforcer le réseau de Bamako
Évalué à 109,911 milliards de FCFA, le Projet de la Boucle Nord 225 kV bénéficie d’un financement partagé entre plusieurs partenaires techniques et financiers. La Banque africaine de développement (BAD) apportera 39,898 milliards de FCFA, la Banque islamique de développement (BID) 36,077 milliards, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) 30 milliards, tandis que l’État du Mali contribuera à hauteur de 3,936 milliards de FCFA.
Le projet prévoit la construction de nouvelles lignes à haute tension et de postes électriques destinés à renforcer le réseau de transport d’énergie autour de Bamako. À terme, ces infrastructures devraient améliorer la qualité de la desserte dans les districts de Bamako, Kati et Koulikoro, réduire les délestages liés aux surcharges du réseau, diminuer les coûts d’exploitation grâce à une moindre dépendance à la production thermique et faciliter l’accès à l’électricité pour les industriels ainsi que pour plus de 10 000 ménages.
Les travaux devraient s’étendre sur une période de quatre ans.
Kourouba, un nouveau levier pour la production hydroélectrique
Parallèlement, le gouvernement poursuit le développement de la centrale hydroélectrique de Kourouba. Les textes adoptés concernent notamment la ratification d’un accord de prêt signé le 29 avril 2026 à Lomé entre le Mali et la Banque ouest-africaine de développement.
D’un montant de 15 milliards de FCFA, ce financement contribuera à la réalisation d’une centrale hydroélectrique de 3,9 MW, ainsi qu’à son raccordement au réseau d’Énergie du Mali (EDM-SA).
Le projet prévoit également la construction d’une ligne d’évacuation en 33 kV afin d’alimenter les localités de Kourouba, Gouala et Tiakadougou Faraba, dans la région de Koulikoro.
Selon les projections, cette infrastructure permettra de produire environ 12,2 GWh d’électricité par an, d’améliorer l’accès à l’électricité pour 1 562 nouveaux abonnés, de réduire les coûts de production et de renforcer la part de l’hydroélectricité dans le mix énergétique national.
Le seuil de Kourouba, inauguré en janvier 2021 sur le fleuve Sankarani, constitue la base de cet aménagement hydroélectrique.
Une nouvelle dynamique au sein du département
Depuis sa prise de fonction, Pr Tiémoko Traoré a engagé une réorganisation du pilotage des grands projets énergétiques. Dès le mois de mars 2026, il a réuni les responsables des huit principaux projets et programmes du secteur afin de faire le point sur leur niveau d’exécution et d’identifier les principaux obstacles.
À l’issue de cette rencontre, le ministre a demandé l’élaboration de plans d’action spécifiques pour chaque projet, assortis d’un mécanisme de suivi régulier. Il a également encouragé une meilleure coordination entre les unités de gestion des projets, les services techniques et Énergie du Mali (EDM-SA), tout en appelant à renforcer la coopération avec les entreprises chargées des travaux.
À travers ces différents projets, les autorités entendent moderniser les infrastructures énergétiques, sécuriser l’approvisionnement en électricité et accompagner le développement économique du pays. Ces investissements s’inscrivent dans une stratégie visant à accroître la production nationale, améliorer la qualité du service et réduire progressivement les déficits énergétiques auxquels le Mali est confronté depuis plusieurs années.
rédaction
diasporaction.com

