SEPTIÈME ÉDITION DES JOURNÉES SCIENTIFIQUES DU CAMES À LOME :Faire de la recherche scientifique un tremplin de la transformation socioéconomique de l’Afrique

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Tout en dressant l’état des lieux de la recherche dans l’espace CAMES, la 7ᵉ édition des Journées scientifiques du Conseil africain et malgache pour l’Enseignement supérieur (JSDC-7/CAMES) a été l’occasion de présenter et de discuter la politique commune de la recherche dans l’espace CAMES, élaborée lors de l’atelier de Bamako de janvier 2026, en vue de son enrichissement et de son appropriation par la communauté scientifique. Cet évènement international a ainsi contribué à la promotion de la Recherche scientifique et de l’Innovation dans l’espace CAMES.

Les travaux de JSDC-7 du CAMES ont rassemblé plus de 1000 participants, dont 903 communicants venus d’Afrique, d’Europe et d’autres continents

« Quelle recherche scientifique pour une Afrique solidaire, résiliente et développée : vers une politique commune ambitieuse de recherche dans l’espace CAMES » ! Telle était le thème central de la 7ᵉ édition des Journées scientifiques du Conseil africain et malgache pour l’Enseignement supérieur (JSDC-7/CAMES) qui s’est tenue à Lomé (Togo) du 9 au 12 mars 2026. La cérémonie officielle d’ouverture a été présidée le 9 mars 2026 au Palais des Congrès de Lomé par le président Faure Essozimna Gnassingbé.

Organisées par le ministère togolais de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en collaboration avec le CAMES, ces journées scientifiques ont été une plateforme de partage des expériences dans l’élaboration d’un cadre réglementaire dédié à la recherche scientifique et à l’innovation.

A Lomé, de nombreux universitaires ont plaidé pour un renforcement des investissements dans la recherche africaine

Dépassant le cadre universitaire, cette rencontre de haut niveau a posé une question centrale : quelle place la recherche scientifique doit-elle occuper dans la transformation de l’Afrique ? Dans son allocution inaugurale, Mama Omorou (ministre togolais de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique) a salué le choix de Lomé comme ville hôte et exprimé l’espoir que cette édition va susciter une réflexion approfondie sur les défis du développement du continent, le rôle moteur de l’enseignement supérieur et la définition de nouvelles stratégies pour renforcer le positionnement du CAMES dans l’espace académique africain. Quant à la gouverneure du district autonome du Grand Lomé, Zouréhatou Kassah Traoré, elle a salué l’importance de cet événement scientifique qui a placé (pendant quelques jours) la capitale togolaise au cœur des débats intellectuels du continent.

De son côté, la présidente en exercice du Conseil des ministres du CAMES, Dr Diaka Sidibé de la République de Guinée, a rappelé que ces journées scientifiques ne devraient pas se limiter à un simple rassemblement académique. Mais qu’elles doivent constituer « un espace stratégique de réflexion collective, un cadre de dialogue scientifique et une plateforme de projection vers l’avenir de la communauté universitaire africaine ». Elle n’a pas manqué de lancer un appel aux États membres pour intensifier les efforts en faveur de la communauté scientifique et à accélérer l’harmonisation des politiques de recherche dans les différents États.


Dr Diaka Sidibé, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique de la République de Guinée et Présidente du Conseil des Ministres du CAMES

« Quelle recherche scientifique pour une Afrique solidaire, résiliente et développée : vers une politique commune ambitieuse de recherche dans l’espace CAMES » !

Selon de nombreux observateurs, cette thématique cachait « un enjeu majeur » axé sur le fait que l’Afrique produit encore une part limitée de la recherche scientifique mondiale, alors même qu’elle fait face à des défis considérables (transition énergétique, sécurité alimentaire, gouvernance publique, urbanisation rapide ou encore transformation numérique). Pour de nombreux participants, la question n’est plus seulement de produire du savoir, mais de « construire une recherche capable d’accompagner concrètement le développement du continent ».

CAMES, Prix de la meilleure communication féminine

Ainsi, pendant les quatre jours des JSDC-7/CAMES, des conférences, des panels et des ateliers scientifiques se sont tenus entre le Palais des Congrès et l’Université de Lomé. Ils ont donné lieu à des échanges visant à favoriser la collaboration entre universités africaines et à encourager la mutualisation des connaissances. Il a aussi été question du renforcement des synergies entre chercheurs et décideurs afin que les travaux scientifiques puissent davantage influencer les politiques publiques et les stratégies de développement.

Pour des observateurs, la rencontre de Lomé a été un tournant décisif pour la recherche africaine. En effet, au-delà des discours et des communications académiques, ces journées scientifiques ont posé une équation fondamentale : comment transformer la recherche africaine en moteur réel de développement ? Pour se faire, selon eux, le continent doit encore relever plusieurs défis comme l’insuffisance du financement de la recherche, la fuite des cerveaux, la réalisation des infrastructures scientifiques, la faible collaboration entre les universités et les secteurs industriels… C’est pourquoi la rencontre de la capitale togolaise est apparue comme une bouée de sauvetage.

CAMES, Remise d’une Attestation du Mérite

Dans ce contexte, les rencontres de Lomé apparaissent, « une étape importante pour repenser les stratégies scientifiques du continent ». En tout cas les participants ont souligné que l’avenir de l’Afrique dépendra aussi de sa capacité à produire ses propres solutions fondées sur la connaissance, l’innovation et la coopération entre chercheurs africains.

Les conférences, les panels scientifiques et les communications académiques ont permis d’aborder plusieurs enjeux majeurs, notamment le financement de la recherche africaine, la coopération entre universités du continent, l’innovation scientifique au service du développement, la valorisation des résultats de la recherche dans les politiques publiques… Les participants ont aussi échangé autour des thèmes comme, « quelle recherche scientifique pour une Afrique solidaire, résiliente et développée : vers une politique commune ambitieuse de recherche dans l’espace CAMES ? » ! Pour de nombreux intervenants, « la construction d’un espace scientifique africain plus intégré constitue désormais une priorité stratégique. Vers une coopération scientifique renforcée ».

À l’issue des travaux, les organisateurs ont dressé un bilan global des échanges tout en mettant en avant les principales recommandations issues des différentes sessions scientifiques qui devraient alimenter les réflexions des institutions membres du CAMES dans les mois à venir. Et cela avec l’ambition de renforcer les synergies entre universités africaines et de favoriser l’émergence d’une politique scientifique commune.

Un rendez-vous stratégique pour baliser la performance de l’enseignement supérieur africain

Comme on a pu le constater à Lomé, les Journées scientifiques du CAMES s’imposent progressivement comme « un espace de dialogue privilégié entre chercheurs et décideurs politiques ». Ainsi, dans un contexte marqué par la compétition mondiale pour l’innovation et les technologies, de nombreux universitaires plaident désormais pour un renforcement des investissements dans la recherche africaine pour favoriser des initiatives pouvant contribuer à bâtir un écosystème scientifique plus solide et mieux connecté aux besoins du développement de l’Afrique.

Des ministres africains de l’Enseignement supérieur et de Recherche scientifique étaient présents à Lomé à la JSDC-7 du CAMES

À noter que la conférence ministérielle a été animée par des ministres en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de l’espace CAMES sur le thème : « Harmonisation des politiques nationales de recherche vers une politique commune ambitieuse dans l’espace CAMES : partage d’expériences et adoption de la déclaration de la politique commune de recherche de l’espace CAMES » !

La rencontre a réuni plus de 1 091 participants issus de plus de 60 universités et institutions d’enseignement supérieur et de recherche du continent et de sa diaspora. Un total de 981 communications scientifiques ont meublé ces journées. À noter que les communications orales et par posters se sont déroulées en ligne et en présentiel.

La recherche africaine ne pourra pleinement jouer son rôle que si elle s’inscrit dans une vision collective et ambitieuse à l’échelle du continent : telle est la conviction avec laquelle les participants à la JSDC-7/CAMES ont quitté Lomé, où un accueil chaleureux leur avait été réservé !

Moussa Bolly (synthèse)

ACTUALITE

7ᵉ ÉDITION DES JOURNÉES SCIENTIFIQUES DU CAMES

La politique commune en matière de recherche scientifique au cœur de la Déclaration de Lomé

Lomé, la capitale du Togo, a abrité du 9 au 12 mars 2026 la 7ᵉ édition des Journées scientifiques du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES). À l’issue de la rencontre, les États membres ont adopté une politique commune destinée à harmoniser les stratégies de recherche dans l’espace académique francophone africain.

Le Secrétaire Général du CAMES, Pr. Souleymane Konaté, a été reçu en audience le 17 avril 2025 par le Ministre Bouréma Kansaye à droite

L’adoption de la « Déclaration de Lomé » a été le principal résultat des travaux de la 7ᵉ édition des Journées scientifiques du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) organisée du 9 au 12 mars 2026 à Lomé, au Togo. Ce document cadre doit permettre de renforcer la coopération scientifique entre les 19 pays membres de l’organisation. 

Élaborée en amont lors de réunions préparatoires à Bamako puis amendée par les ministres réunis dans la capitale togolaise, cette déclaration marque un jalon dans la coordination des politiques nationales de recherche. Pour le secrétaire général du CAMES, Pr. Souleymane Konaté, c’est un tournant pour l’organisation. « La première avancée majeure est la déclaration de la politique commune de recherche de l’espace CAMES, affectueusement nommée Déclaration de Lomé. Ce texte fondateur n’est pas une déclaration d’intention de plus. C’est notre vision collective de la recherche scientifique que nous voulons », a-t-il souligné.

Les travaux de JSDC-7 du CAMES ont rassemblé plus de 1000 participants, dont 903 communicants venus d’Afrique, d’Europe et d’autres continents. Le programme scientifique comprenait près d’un millier de communications, réparties entre présentations orales et posters. « Il nous appartient désormais de renforcer les passerelles entre ces compétences et nos institutions nationales de recherche afin de créer un véritable espace de circulation des savoirs, des technologies et des talents », a déclaré (à la clôture) M. Mama Omorou, le ministre togolais chargé de l’Éducation nationale, en saluant l’adoption de ce cadre commun. Au-delà de la coordination académique, a souligné la presse togolaise, les discussions ont porté sur le financement de la recherche et son orientation vers des secteurs productifs tels que l’énergie, l’agro-industrie et la transformation locale des ressources.

Pour plusieurs experts présents à Lomé, il est urgent d’aligner la production scientifique africaine sur les grands défis du continent

Les États membres sont désormais appelés à traduire la « Déclaration de Lomé » en politiques nationales afin de renforcer l’intégration scientifique et de soutenir les stratégies de développement économique du continent. Un défi majeur dans un contexte dans lequel le financement de la recherche est confronté à d’importants challenges structurels sur le continent. Cette ambition doit pourtant trouver sa motivation dans le constat que l’Afrique représente plus de 18 % de la population mondiale, mais elle ne produit qu’environ 2 % de la recherche scientifique, dont près de 1 % pour l’espace CAMES. La Déclaration de Lomé vise à inverser la donne.

En effet, pour plusieurs experts présents à Lomé, l’enjeu de la recherche scientifique dépasse de nos jours le seul cadre académique. Il s’agit aujourd’hui de mieux aligner la production scientifique africaine sur les grands défis du continent comme la transition climatique, la sécurité alimentaire, la transformation numérique, le développement industriel pour apporter plus de valeurs ajoutées aux économies africaines…

Moussa Bolly

diasporaction.com

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