OFFENSIVE JNIM-FLA SUR KIDAL : L’ombre des puissances étrangères derrière

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L’ampleur et la précision de l’offensive sur Kidal, le 25 avril 2026 (près de 12000 combattants) soulèvent une question brûlante : qui sont les véritables architectes de cette reconquête de la ville symbole reprise par les Famas en 2023 ? Enquête sur une nébuleuse de soutiens allant d’Alger à Kiev.

L’image a fait le tour des réseaux sociaux : des colonnes de pick-ups lourdement armés entrant dans Kidal, escortées par des essaims de drones kamikazes. Pour les experts militaires, “la chute de la ville-clé du Nord du Mali en moins de 48 heures ne peut s’expliquer par le seul engagement des combattants touaregs ou le soutien des djihadistes du JNIM.” “C’est le résultat d’une convergence d’intérêts étrangers sans précédent” précise un expert militaire des rébellions armées qui souhaite rester dans l’anonymat.

Le contrôle revendiqué par le JNIM sur la frontière algéro-malienne suggère une porosité tactique que seule une puissance régionale peut autoriser. L’Algérie, parrain historique des accords de paix moribonds, est aujourd’hui accusée par Bamako de « bienveillance active » envers les insurgés. Plus inquiétant, des rapports de renseignement indiquent la présence de combattants issus des camps du Front Polisario au sein des unités d’élite du FLA et du JNIM.

Ces combattants, rompus aux techniques de guérilla saharienne et formés par l’Algérie, apportent une plus-value militaire décisive. Le 15 avril 2026, sous prétexte de célébration des 50 ans de la RASD, plusieurs milliers de combattants du Polisario ont été regroupés à Assoured, dans le Sud-ouest de l’Algérie.

Derrière ces individus, c’est l’ombre de la sécurité militaire algérienne qui plane sur la reconquête de Kidal. Si la Mauritanie officielle observe une neutralité prudente, sa frontière reste une zone grise. Des sources locales rapportent des mouvements de repli et de ravitaillement pour les cadres du FLA, facilités par des liens tribaux transfrontaliers que Nouakchott peine (ou ne souhaite pas) briser.Quant à la France, bien qu’officiellement « préoccupée » par la situation, certains observateurs y voient un retour indirect.

L’expertise du terrain acquise durant les années Barkhane et les réseaux de renseignement français restés actifs pourraient avoir facilité la coordination entre les différentes factions rebelles pour affaiblir une junte malienne de plus en plus hostile à Paris.Sur le terrain, la distinction entre FLA et JNIM s’efface au profit d’une « armée hybride ».

En réalité depuis toujours, les djihadistes du JNIM se confondent aux dirigeants touaregs depuis le Mnla jusqu’au FLA d’aujourd’hui en passant par le HCUA, la CMA, le CSP etc.“Nous ne sommes plus face à une rébellion classique, mais face à une coalition internationale occulte dont l’objectif est de démanteler l’influence russe au Sahel, quitte à pactiser avec le diable djihadiste”, confie un analyste sécuritaire basé à Dakar.

L’élément le plus frappant de cette offensive est l’usage massif de drones de surveillance et d’attaque. Kiev, qui cherche à frapper les intérêts russes partout dans le monde, a admis avoir fourni un « soutien technique et des renseignements » aux combattants du FLA.

Des instructeurs ukrainiens auraient été signalés dans des zones frontalières, formant les combattants du FLA au pilotage de drones FPV, les mêmes qui ont neutralisé les blindés d’Africa Corps lors des derniers combats.

En frappant à Kidal, l’Ukraine transforme le Sahel en un second front contre Moscou.La chute de Kidal n’est pas seulement une défaite pour Bamako ; c’est le signal que le Sahel est devenu le terrain de jeu d’une nouvelle guerre froide où les pions se nomment JNIM, FLA et Polisario.

Oussouf DIAGOLA

www.diasporaction.com

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