Les organisations de la société civile malienne, soutenues par plusieurs ONG internationales, montent au créneau et appellent à l’ouverture rapide d’un dialogue constructif avec les autorités. En cause : le projet de création de l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales et d’appui au contrôle des associations et fondations (ANICT-ACAF).
Dans un communiqué conjoint, des plateformes majeures du secteur — notamment le Conseil national de la société civile, le Forum des organisations de la société civile, le Conseil de concertation et d’appui aux ONG, la Coordination des associations et ONG féminines du Mali, ainsi que le Forum des ONG internationales — disent prendre acte de la volonté des autorités de renforcer la gouvernance, la transparence et le suivi des associations et fondations.
Elles saluent une ambition qu’elles jugent alignée sur les principes de la Transition, en particulier en matière de souveraineté nationale et de défense des intérêts du peuple malien. Toutefois, malgré cet accord de principe, de fortes préoccupations subsistent. Les organisations pointent notamment certaines dispositions du dispositif envisagé, dont l’instauration d’une contribution obligatoire de 10 % sur les ressources des projets pour financer les activités de suivi et de contrôle.
Dans un contexte déjà marqué par la diminution des financements humanitaires et de développement, elles estiment qu’une telle mesure risque de fragiliser davantage les interventions. Elles évoquent notamment une réduction des ressources destinées aux bénéficiaires, une duplication des coûts de suivi déjà intégrés dans les projets, des difficultés à respecter les exigences des bailleurs, ainsi qu’une perte d’attractivité du Mali auprès des partenaires internationaux.
Les signataires rappellent que la majorité des financements humanitaires provient de partenaires techniques et financiers internationaux, soumis à des règles strictes. L’introduction d’un prélèvement non prévu dans les accords pourrait, selon elles, compromettre la mobilisation de nouveaux financements.
Au-delà de ces inquiétudes, les organisations mettent en avant leur contribution significative à l’économie nationale : paiement de l’impôt sur les salaires, cotisations à l’INPS, TVA sur les biens et services, ainsi que diverses contributions. Elles soulignent également leur rôle dans la création d’emplois et l’injection annuelle de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA dans l’économie. Leurs activités bénéficient par ailleurs largement aux opérateurs économiques locaux, notamment dans les secteurs du forage, de la distribution de vivres, des infrastructures, du transport et de la logistique.
Sur le plan social, leur rôle demeure essentiel. Dans de nombreuses zones vulnérables, elles assurent l’accès aux services de base tels que la santé, la sécurité alimentaire, l’eau, l’éducation et la protection. Elles rappellent enfin les principes internationaux encadrant l’action humanitaire, notamment la résolution 46/182 des Nations Unies, qui souligne l’importance de garantir une assistance sans entraves administratives ou fiscales.
Tout en réaffirmant leur engagement aux côtés de l’État, ces organisations se disent disposées à poursuivre les échanges afin d’aboutir à des solutions équilibrées, conciliant transparence et efficacité des actions sur le terrain. Convaincues que le dialogue reste la voie privilégiée, elles appellent à une concertation renforcée entre l’État, la société civile et les partenaires techniques et financiers, dans l’intérêt des populations maliennes.
rédaction
diasporaction.com

