Le 4 mars 2026 marque l’entrée officielle de la Chine dans la période politique annuelle dite des « deux sessions ». Le lendemain, le Premier ministre chinois, Li Qiang, a présenté le très attendu rapport d’activité du gouvernement. Parmi les orientations majeures évoquées, les perspectives de développement de l’aéronautique et de l’astronautique ont particulièrement retenu l’attention.
Pour la première fois, ce rapport qualifie l’aéronautique et l’astronautique d’« industrie clé émergente ». Cette reconnaissance stratégique trace les grandes lignes du développement spatial chinois dans le cadre du 15ᵉ Plan quinquennal (2026-2030).
Durant cette période, deux priorités se dégagent : l’indépendance technologique et la réduction des coûts. Le rapport insiste notamment sur la nécessité de développer des fusées porteuses réutilisables et de diminuer le coût de déploiement des constellations de satellites en orbite basse. L’année 2026 est ainsi présentée comme « l’année du réutilisable ». Les avancées attendues de lanceurs comme Long March 10 devraient contribuer à réduire significativement le coût d’accès à l’espace.
Parallèlement, les modèles de développement du secteur spatial chinois se diversifient. La coopération entre « l’équipe nationale » et l’astronautique commerciale s’impose progressivement comme un nouveau modèle. Dans cette optique, la Chine prévoit d’ouvrir davantage ses infrastructures de recherche, ses ressources en fréquences et en orbites, ainsi que ses stations de contrôle aux acteurs privés.
Un fonds dédié au développement de l’astronautique commerciale sera également créé afin de soutenir les entreprises, notamment celles cotées sur le marché STAR. L’objectif affiché est ambitieux : porter la part des lancements commerciaux à 60 % d’ici 2026. Les entreprises privées seront également impliquées dans de nouveaux domaines comme la fabrication spatiale, la maintenance en orbite et l’élimination des débris spatiaux, afin de bâtir un véritable écosystème de « grande astronautique » reposant sur une collaboration industrielle élargie.
La Chine entend aussi poursuivre ses avancées dans l’exploration de l’espace lointain et la recherche scientifique spatiale. Durant le 15ᵉ Plan quinquennal, elle vise notamment une mission habitée vers la Lune d’ici 2030. Elle prévoit également de renforcer l’exploitation de la station spatiale Tiangong space station, tout en poursuivant les missions habitées de la série Shenzhou et les missions de ravitaillement Tianzhou.
En parallèle, le programme scientifique « Exploration spatiale des origines » prévoit le lancement de nouveaux satellites de recherche, notamment Hongmeng space telescope et Kuafu II, destinés à faire progresser la recherche dans des domaines de pointe tels que l’origine de l’univers ou la détection d’exoplanètes.
Cependant, la stratégie spatiale chinoise ne se limite pas à la performance technologique. Pékin affirme poursuivre le principe d’une utilisation pacifique de l’espace tout en favorisant une coopération internationale ouverte. Dans ce cadre, la Chine prévoit d’élargir les services mondiaux du système de navigation BeiDou Navigation Satellite System, de renforcer la coopération spatiale sino-brésilienne et d’encourager l’expansion internationale des entreprises spatiales commerciales chinoises. Elle souhaite également participer activement à l’élaboration de règles internationales, notamment en matière de gestion du trafic spatial.
Entre consolidation des industries stratégiques et exploration des frontières de l’espace lointain, l’astronautique chinoise du 15ᵉ Plan quinquennal entend ainsi contribuer, selon Pékin, à l’utilisation pacifique de l’espace au bénéfice de l’humanité, tout en poursuivant une politique d’ouverture et d’innovation technologique.
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diasporaction.com

