La décision de Donald Trump de lancer des frappes contre l’Iran a pris de court plusieurs alliés européens. À Bruxelles comme dans les capitales occidentales, beaucoup reconnaissent leur incapacité à infléchir la stratégie de la Maison-Blanche au Moyen-Orient. Une fracture apparaît clairement au sein des partenaires européens des États-Unis : certains soutiennent l’initiative américaine, tandis que d’autres la dénoncent.
En Europe, où les positions à l’égard de la République islamique et du président américain sont déjà contrastées, les réactions restent partagées. Le président finlandais, Alexander Stubb, a accusé Washington de violer le droit international, estimant qu’une telle opération aurait dû être menée avec l’aval de l’ONU ou, au minimum, en concertation avec les alliés.
À l’inverse, la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braže, a exprimé son soutien à Donald Trump, adoptant un ton très critique à l’égard du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.
Une position prudente des grandes capitales européennes
Les principaux membres européens de l’OTAN ont opté pour une posture mesurée, globalement alignée sur Washington. Dans une déclaration conjointe, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France ont appelé à la « reprise des négociations ».
Le président français, Emmanuel Macron, a affirmé que Paris n’avait « ni été prévenue, ni impliquée » dans l’opération. Par la suite, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a tenu des propos très durs à l’égard du dirigeant iranien. La France s’est par ailleurs dite prête à contribuer à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie.
Au final, Paris, Berlin et Londres se disent disposés à engager des « actions défensives » visant à neutraliser les capacités militaires iraniennes, tout en précisant qu’ils ne participent pas aux frappes américaines et israéliennes. Leur communiqué, publié le 28 février, condamnait également les tirs iraniens dans la région et soulignait le maintien de contacts étroits avec Washington et d’autres partenaires.
Ce texte précédait toutefois un incident notable : le tir d’un missile iranien en direction de Chypre, État membre de l’Union européenne qui accueille une base militaire britannique. Cet épisode pourrait peser sur les discussions des responsables européens en charge des questions de sécurité.
Répercussions sur l’Ukraine et l’économie européenne
L’offensive américaine intervient alors que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne concentrent une grande partie de leurs efforts sur le soutien militaire à l’Ukraine. À Kiev, le président Volodymyr Zelensky s’est dit préoccupé par un éventuel manque de munitions pour les systèmes de défense aérienne si le conflit au Moyen-Orient devait s’enliser.
Pour Washington, la sécurité d’Israël apparaît prioritaire, ce qui pourrait reléguer au second plan les discussions sur le conflit ukrainien. Volodymyr Zelensky a néanmoins indiqué espérer la tenue de pourparlers tripartites entre l’Ukraine, la Russie et les États-Unis, malgré le contexte régional tendu.
Enfin, la guerre entre l’Iran et Israël fait planer une menace sur les capacités industrielles européennes. Selon certaines sources, le marché énergétique a déjà réagi vivement, avec une forte hausse des prix du gaz après l’arrêt de la production de GNL par QatarEnergy à la suite d’un bombardement iranien. Une nouvelle escalade pourrait ainsi fragiliser davantage l’économie européenne et compliquer la position de l’Union dans son soutien à Kiev.
rédaction
diasporaction.com

