Transition et réformes politiques : vers une renaissance du paysage partisan ?

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Après la dissolution des partis politiques, les signaux émis par les autorités laissent entrevoir une possible réhabilitation de la vie politique au cours de l’année 2026. Une perspective susceptible de contribuer à la décrispation du climat politique et à l’avancée du processus de Transition.

Dans une dynamique de renforcement de la cohésion nationale et de mobilisation des forces vives, le Mali ne saurait durablement se priver d’une classe politique organisée. Cette préoccupation figure au cœur de la vision du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, qui l’a réaffirmée dans son adresse à la Nation à l’occasion du Nouvel An 2026.

Rappelant les conclusions des Assises nationales de la Refondation, le Chef de l’État a souligné que le peuple malien avait exprimé de fortes inquiétudes face aux dérives et dysfonctionnements du paysage politique, perçus comme des facteurs de mauvaise gouvernance. Fidèle à son engagement de mettre en œuvre les recommandations issues de ces assises, le Président de la Transition a indiqué avoir initié, en avril 2025, des consultations avec les forces vives de la Nation.

Ces échanges visaient à préciser les modalités d’application de certaines recommandations, notamment dans le cadre de la relecture de la Charte des partis politiques. À l’issue des concertations, les participants avaient recommandé la dissolution des partis politiques, assortie d’un audit, afin de refonder le système partisan sur des bases plus saines, plus justes et plus crédibles.

Dans cette dynamique, le Général Assimi Goïta a annoncé que l’année 2026 sera consacrée aux concertations autour de l’avant-projet de loi définissant les conditions de création et d’exercice des activités des partis politiques, conformément à l’article 39 de la Constitution.

Une renaissance politique sous conditions

Concrètement, 2026 pourrait ainsi marquer le retour légal des activités politiques, à travers la création de nouveaux partis répondant aux exigences des futures dispositions légales. Ces formations seraient appelées à jouer pleinement leur rôle d’animation du débat public et de canalisation des aspirations citoyennes.

Toutefois, de nombreuses interrogations demeurent. Comment les autorités entendent-elles encadrer le pluralisme politique, pourtant consacré par la Constitution et les engagements internationaux du Mali ? Par quels mécanismes l’État pourra-t-il assainir durablement le microcosme politique, si les mentalités, les pratiques et les usages hérités du passé persistent ?

Plus encore, comment rompre avec la perception largement répandue du parti politique comme simple instrument d’ascension sociale ou de rente, au détriment de l’intérêt général ? Quelle place sera accordée aux formations sans véritable assise idéologique ou populaire, souvent qualifiées de partis de circonstance ?

Le rôle clé du législateur

Face à ces défis, la responsabilité du législateur sera déterminante. Il lui appartiendra de poser un diagnostic lucide des dérives passées, afin de bâtir un cadre juridique porteur d’un renouveau politique crédible, fondé sur l’éthique, la transparence et la bonne gouvernance.

Au-delà des textes, c’est bien la refondation des pratiques politiques qui conditionnera la réussite de cette renaissance annoncée et la consolidation d’un système politique au service du développement et de la stabilité du Mali.

rédaction

diasporaction.fr

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