Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a présenté, jeudi, les conclusions des travaux du comité chargé de la renégociation des contrats de l’État. Selon les résultats dévoilés, plusieurs irrégularités ont été relevées dans des secteurs stratégiques, avec un manque à gagner estimé à plus de 1 075 milliards de francs CFA, notamment dans le secteur minier.
Lors d’une conférence de presse, le chef du gouvernement a dressé un premier bilan des investigations menées par le comité interministériel ainsi que par différents ministères concernés, notamment ceux de l’Énergie, des Infrastructures, des Télécommunications, de l’Agriculture et de l’Hydraulique.
Des contrats signés durant une « période critique »
Le Premier ministre a rappelé que, dès l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, les nouvelles autorités avaient décidé d’examiner plusieurs conventions signées durant ce qu’il a qualifié de « période critique », c’est-à-dire pendant et après la campagne électorale de 2024.
Dans ce cadre, trois décrets portant sur des concessions dans les domaines de la téléphonie, du dessalement de l’eau de mer et de la cimenterie avaient été immédiatement retirés par le chef de l’État.
Ousmane Sonko a toutefois précisé que la responsabilité ne saurait être attribuée aux partenaires privés. Selon lui, les irrégularités constatées seraient principalement liées à la manière dont certains responsables publics ont négocié ces contrats, parfois en contradiction avec les règles juridiques et constitutionnelles en vigueur.
Les Industries chimiques du Sénégal au centre des investigations
Le comité s’est particulièrement penché sur le secteur minier, notamment sur le dossier des Industries chimiques du Sénégal. Les conclusions de l’enquête rejoignent celles d’une mission parallèle menée par l’Inspection générale d’État, qui estime que l’État sénégalais a subi un important préjudice sur la durée du contrat.
Parmi les irrégularités évoquées figurent l’octroi d’exonérations fiscales sans base légale — par simple arrêté ministériel — alors que la législation sénégalaise prévoit que ce type d’avantage doit être accordé par la loi.
Le rapport évoque également des opérations ayant conduit à une forte réduction de la participation de l’État dans le capital de l’entreprise, passée d’une position majoritaire à environ 15 %, ainsi que des abandons de créances jugés injustifiés.
rédaction
diasporaction.com

