Le Mali a officiellement annoncé, ce vendredi 10 avril 2026, le retrait de sa reconnaissance de la « République arabe sahraouie démocratique » (RASD). Cette décision a été rendue publique lors d’un point de presse conjoint à Koulouba, en présence de Nasser Bourita, en visite à Bamako.
Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a expliqué que ce choix fait suite à « une analyse approfondie » de la situation, soulignant les implications du dossier sur la paix et la sécurité dans la région.
Cette décision marque un tournant géopolitique important. Le Sahara occidental, territoire situé entre le Maroc et l’océan Atlantique, partage des frontières avec l’Algérie et la Mauritanie. Le Mali reconnaissait officiellement ce territoire depuis juillet 1980, soit quatre ans après la proclamation de son indépendance. Toutefois, les relations entre Bamako et le Front Polisario s’étaient détériorées dès 2009, ce dernier étant accusé, avec le soutien de l’Algérie, d’appuyer des mouvements indépendantistes dans le nord du Mali.
Le retrait de cette reconnaissance intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le Mali et l’Algérie, principal soutien de la RASD. Il s’inscrit également dans une dynamique de rapprochement entre Bamako et Moscou, dont la position sur ce dossier reste un élément à prendre en compte.
Du côté marocain, cette évolution a été accueillie favorablement. Nasser Bourita a annoncé la suppression de l’autorisation électronique de voyage pour les citoyens maliens se rendant au Maroc. Par ailleurs, le royaume a décidé d’augmenter à 300 le nombre annuel de bourses d’études accordées aux étudiants maliens, une mesure présentée comme inédite.
La Rédaction

