La communauté musulmane du Mali s’apprête à entamer, dans quelques jours, le jeûne du mois de Ramadan, l’un des piliers fondamentaux de l’islam. Cette année, l’événement religieux intervient dans un contexte marqué par de multiples crises, invitant certains observateurs à en analyser la portée au-delà de sa dimension strictement spirituelle.
Pour le sociologue Dr. Bamoussa Coulibaly, le Ramadan 2026 appelle à « un mélange de foi et de sursaut citoyen ». Il rappelle que, bien au-delà de l’observance religieuse, ce mois sacré constitue au Mali un moment fort de communion sociale. Les repas partagés, notamment avec la belle-famille, participent au raffermissement des liens sociaux et illustrent la rencontre féconde entre traditions culturelles et pratiques religieuses.
Un mois sacré dans un contexte économique fragile
Selon Dr. Coulibaly, ce Ramadan s’ouvre dans un climat de « convalescence » économique, dont l’un des épisodes les plus marquants fut la récente crise du carburant. À cela s’ajoute la flambée récurrente des prix des denrées de première nécessité, phénomène devenu quasi systématique à l’approche du mois de jeûne.
D’après lui, les séquelles de ces crises pèsent encore sur la reprise normale des activités, notamment dans les secteurs du transport et de la circulation des personnes et des biens, malgré les efforts déployés par les autorités pour répondre durablement aux défis sécuritaires et économiques.
Dans ce contexte, le « panier de la ménagère », déjà fragilisé depuis une décennie par des tensions économiques successives, risque de subir une pression accrue durant cette période traditionnellement marquée par une hausse des dépenses.
Rationaliser et privilégier l’essentiel
Face à cette situation, le sociologue préconise une gestion plus rationnelle des charges familiales. Il invite les ménages à privilégier l’essentiel et à éviter les dépenses dictées par le souci des apparences ou la pression des habitudes sociales.
La crise énergétique et la pénurie de carburant ayant ralenti certaines activités, une large frange de la population active dans le secteur informel se trouve particulièrement affectée. Or, le Ramadan et la fête qui le clôture génèrent traditionnellement des charges supplémentaires.
Solidarité et vigilance collective
Dr. Coulibaly salue les initiatives gouvernementales d’assistance aux populations vulnérables ainsi que la légère revalorisation de la valeur indiciaire, qu’il considère comme des signaux positifs dans le contexte actuel. Toutefois, il estime que ces mesures doivent s’accompagner d’un véritable élan de solidarité nationale.
Selon lui, la résilience dont les Maliens ont fait preuve au fil des épreuves doit s’accompagner d’un sens accru de la responsabilité, notamment en matière de stabilité des prix. Il appelle également les pouvoirs publics à renforcer leur vigilance face aux pratiques spéculatives sur les denrées de première nécessité.
Enfin, le sociologue dénonce les comportements opportunistes observés lors des crises récentes, certains acteurs cherchant à tirer profit des difficultés collectives. Il plaide pour des mesures dissuasives contre ces pratiques, voire pour un sursaut citoyen afin de préserver l’intérêt général.
rédaction
diasporaction.com

