Le chef d’état-major des forces armées ougandaises, Muhoozi Kainerugaba, a annoncé vendredi que les autorités avaient procédé à l’arrestation de près de 2 000 partisans de l’opposition et que 30 personnes avaient été tuées à la suite de l’élection présidentielle controversée qui a reconduit son père, Yoweri Museveni, au pouvoir pour un septième mandat.
Âgé de 81 ans et à la tête de l’Ouganda depuis près de quarante ans, Yoweri Museveni a été déclaré vainqueur du scrutin du 15 janvier face à Bobi Wine, leader du principal parti d’opposition, le National Unity Platform (NUP). Le vote s’est déroulé dans un climat tendu, marqué notamment par une coupure d’Internet.
Bobi Wine, ancien musicien de 43 ans de son vrai nom Robert Kyagulanyi, a rejeté les résultats, dénonçant des irrégularités massives, dont des cas présumés de bourrage d’urnes. Il affirme être entré dans la clandestinité après le scrutin.
Dans une série de messages publiés dans la nuit sur les réseaux sociaux, Muhoozi Kainerugaba a livré pour la première fois des chiffres précis concernant les arrestations et les décès parmi les partisans du NUP, qu’il a qualifiés de « hooligans » et de « terroristes ». Il a affirmé que 30 membres du parti d’opposition avaient été tués, sans fournir de détails sur les circonstances de ces morts, ajoutant que les principaux responsables du NUP étaient en fuite et recherchés par les forces de sécurité.
Le gouvernement accuse les partisans de Bobi Wine d’avoir orchestré des violences durant le processus électoral, tandis que l’opposition soutient que ses militants ont été la cible d’agressions de la part des forces de sécurité. Ces accusations croisées n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
La police ougandaise n’a pas souhaité commenter davantage la situation, tandis que le porte-parole de l’armée n’était pas joignable.
Réagissant à ces événements, le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a fait part de sa préoccupation face aux arrestations et aux violences signalées impliquant des figures et des partisans de l’opposition. Par la voix de son porte-parole, il a appelé à la retenue, au respect de l’État de droit et aux engagements internationaux de l’Ouganda en matière de droits humains.
De son côté, Bobi Wine affirme que des centaines de ses sympathisants ont été détenus arbitrairement ces derniers mois en raison de leur affiliation politique, dans le but, selon lui, d’intimider l’opposition. Les partis d’opposition et les organisations de défense des droits humains évoquent également l’existence de centres de détention non officiels, où certains détenus auraient subi des mauvais traitements.
La répression s’est récemment intensifiée avec l’arrestation, jeudi, de Muwanga Kivumbi, député et vice-président du NUP. Deux autres responsables du parti sont portés disparus depuis plusieurs jours.
Bobi Wine a par ailleurs indiqué avoir quitté sa résidence après une descente des forces de sécurité peu après l’annonce des résultats.
Muhoozi Kainerugaba, régulièrement présenté comme un successeur potentiel de son père, a déjà affiché publiquement ses ambitions présidentielles, alimentant les spéculations sur l’avenir politique du pays.
rédaction
diasporaction.com

