Iran : Donald Trump évoque désormais un possible renversement du régime

Date:

Share post:

Le président américain Donald Trump a évoqué ouvertement, vendredi, l’hypothèse d’un changement de pouvoir en Iran, dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre Washington et Téhéran autour des capacités nucléaires et balistiques de la République islamique.

Oscillant entre appels à une solution négociée et menaces d’intervention militaire, le chef de la Maison-Blanche a confirmé l’envoi imminent d’un second porte-avions américain dans la région. Interrogé par des journalistes sur l’éventualité d’un renversement du régime iranien, il a estimé que cela pourrait constituer « la meilleure chose qui puisse arriver », dénonçant plus de quatre décennies de dialogue infructueux et évoquant les nombreuses pertes humaines attribuées à cette confrontation prolongée. Ces déclarations ont été faites alors qu’il quittait la base militaire de Fort Bragg, en Caroline du Nord.

Dans le même temps, Reza Pahlavi, fils exilé du dernier chah d’Iran, a appelé la population iranienne à reprendre les mobilisations, après la vague de manifestations violemment réprimées début janvier. Des rassemblements sont également prévus à l’étranger, notamment en Europe et en Amérique du Nord.

Face à la répression, Donald Trump avait déjà brandi la menace d’une intervention militaire, avant de multiplier les pressions sur Téhéran afin d’obtenir un accord, en particulier sur le dossier nucléaire. Des discussions indirectes entre les deux pays ont repris le 6 février à Oman, mais leur avenir demeure incertain en raison de profondes divergences. Les États-Unis, soutenus par Israël, souhaitent élargir les négociations au programme de missiles balistiques iraniens et au soutien de Téhéran à des groupes armés dans la région. L’Iran, pour sa part, limite les discussions à son programme nucléaire et refuse toute remise en cause de ses capacités d’enrichissement de l’uranium.

En l’absence d’accord, le président américain a menacé l’Iran de conséquences qualifiées de « traumatisantes », rappelant les bombardements de sites nucléaires iraniens par les États-Unis lors d’un conflit de douze jours déclenché par Israël en juin. À cette époque, Donald Trump avait déjà évoqué, puis écarté, l’idée d’un changement de régime, jugeant qu’il risquait de plonger le pays dans le chaos.

Sur le plan militaire, après le déploiement du porte-avions USS Abraham Lincoln dans le Golfe, un second bâtiment, le Gerald Ford, doit renforcer la présence américaine, sans qu’une date précise n’ait été communiquée. Les cibles potentielles d’une éventuelle intervention restent, elles aussi, floues.

Par ailleurs, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, a estimé qu’un accord sur les inspections du programme nucléaire iranien était « possible », tout en le qualifiant d’« extrêmement difficile ». L’Iran avait en effet refusé, en novembre, l’accès de l’AIEA à plusieurs sites bombardés en juin.

Sur le front intérieur, Reza Pahlavi a appelé à des manifestations à Munich, Toronto et Los Angeles, exhortant également les Iraniens de l’intérieur à exprimer leur soutien par des slogans scandés depuis leurs fenêtres et leurs toits. Selon l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), plus de 7.000 personnes auraient été tuées lors des manifestations de janvier et plus de 53.000 arrêtées. D’autres organisations font état de centaines de poursuites judiciaires susceptibles d’aboutir à des condamnations à mort. Les autorités iraniennes, de leur côté, avancent un bilan différent, attribuant la majorité des décès aux forces de sécurité et accusant des groupes qualifiés de « terroristes », soutenus selon elles par Israël et les États-Unis.

rédaction

diasporaction.com

Related articles

Clôture de la 9ᵉ édition de la « Hard Week » de l’ISPRIC : célébration de l’excellence et du numérique

La 9ᵉ édition de la « Hard Week » de l’ISPRIC a pris fin ce jeudi, au terme...

Macron répond aux États-Unis : « L’Europe doit être prise en exemple, non caricaturée »

En réponse aux critiques formulées l’an dernier par le vice-président américain JD Vance, le président français Emmanuel Macron...

Partenariat stratégique : le Burkina Faso et la Russie scellent un accord « historique » à Moscou

Une nouvelle étape majeure vient d’être franchie dans les relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la Russie....

Tiémoko Traoré : nouveau ministre de l’Énergie et de l’Eau

Docteur en anthropologie, spécialité Sciences de la société (Territoires, Économie et Droit), Tiémoko Traoré prend désormais les rênes...