Le président vénézuélien Nicolas Maduro doit être présenté ce lundi devant un juge fédéral à New York, après avoir été interpellé durant le week-end par les forces spéciales américaines à l’issue d’une opération militaire menée à Caracas. Âgé de 63 ans, l’ancien chef de l’État est détenu depuis samedi soir dans une prison fédérale de Brooklyn, aux côtés de son épouse Cilia Flores, 69 ans.
Le couple devait comparaître à 12h00 heure locale (17h00 GMT) devant un juge du district sud de New York, siégeant à Manhattan. Au pouvoir depuis 2013, Nicolas Maduro est accusé par les autorités américaines, notamment la Drug Enforcement Administration (DEA), d’avoir dirigé un « narco-État » et d’avoir conspiré pour inonder l’Amérique du Nord de grandes quantités de cocaïne.
L’acte d’accusation, rendu public samedi par le bureau du procureur de Manhattan, vise Nicolas Maduro, son épouse, son fils ainsi que plusieurs coaccusés.
Les charges retenues
Selon la justice américaine, Nicolas Maduro et d’autres hauts responsables vénézuéliens auraient, durant plus de 25 ans, abusé de leurs fonctions publiques et corrompu des institutions étatiques afin de faciliter l’exportation de tonnes de cocaïne vers les États-Unis.
L’accusation affirme que le président vénézuélien et ses alliés auraient fourni une protection policière et un appui logistique à de puissantes organisations criminelles, notamment le cartel mexicain de Sinaloa et le gang vénézuélien Tren de Aragua. En contrepartie, ces groupes auraient reversé une partie de leurs revenus aux responsables vénézuéliens impliqués.
Nicolas Maduro est également accusé d’avoir vendu des passeports diplomatiques à des trafiquants de drogue notoires et d’avoir facilité des vols sous couverture diplomatique destinés à rapatrier l’argent du narcotrafic du Mexique vers le Venezuela.
Quatre chefs d’accusation principaux sont retenus contre lui :
- narcoterrorisme ;
- complot en vue d’importer de la cocaïne aux États-Unis ;
- détention d’armes automatiques et d’explosifs ;
- complot en vue de détenir des armes automatiques et des explosifs.
Ces charges avaient déjà été formulées en 2020, mais l’acte d’accusation actualisé inclut de nouveaux éléments ainsi que des coaccusés supplémentaires, dont Cilia Flores.
La Première dame est notamment poursuivie pour avoir ordonné des enlèvements et des assassinats, et pour avoir accepté des pots-de-vin en 2007 afin d’organiser une rencontre entre des narcotrafiquants et le directeur de l’Office national antidrogue du Venezuela.
Déroulement de la procédure
Lors de sa première comparution, le juge fédéral doit notifier officiellement à Nicolas Maduro les charges qui pèsent contre lui et vérifier qu’il bénéficie de l’assistance d’un avocat. Le procès pourrait n’avoir lieu que dans plusieurs mois, voire plus d’un an, sauf en cas d’accord de plaider-coupable proposé par le parquet.
La procédure est supervisée par le juge Alvin Hellerstein, déjà en charge du dossier depuis 2020. Âgé de 92 ans, ce magistrat s’est illustré par ses positions critiques à l’égard de certaines décisions de l’administration américaine, notamment en matière d’expulsion de ressortissants étrangers.
Les options de défense
Les avocats de Nicolas Maduro pourraient plaider l’immunité présidentielle, arguant de son statut de chef d’État étranger. Bien que la justice américaine ait parfois reconnu une telle immunité, le précédent de l’arrestation du président panaméen Manuel Noriega en 1989, également accusé de narcotrafic, affaiblit cette ligne de défense.
La défense pourrait également invoquer le caractère excessif des poursuites ou la prescription des faits, les accusations de complot étant généralement soumises à un délai de prescription fédéral de cinq ans.
rédaction
diasporaction.fr

