La Section des comptes de la Cour suprême a rendu public, en décembre dernier, son rapport définitif sur l’audit du financement public des partis politiques au Mali, couvrant la période de 2000 à 2024. Ce document volumineux, composé de plus de mille pages, porte sur l’examen financier de 143 formations politiques et analyse leurs recettes, dépenses, trésoreries ainsi que leurs patrimoines mobiliers et immobiliers.
Commandé par le Premier ministre, cet audit s’inscrit dans la dynamique des recommandations issues des Concertations nationales des forces vives, tenues les 28 et 29 avril 2025. Toutefois, faute d’informations disponibles, les investigations n’ont pas pu intégrer l’exercice 2025.
Depuis l’implantation du multipartisme consécutive à la révolution de mars 1991, le Mali compte officiellement 297 partis disposant de récépissés d’existence, selon les données du ministère de l’Administration territoriale. Investies d’une mission d’intérêt général, ces formations bénéficient d’un financement public depuis 2000, sous réserve de la vérification régulière de leurs comptes par la Section des comptes.
Le rapport souligne cependant que la majorité des partis n’a pas coopéré durant l’audit, invoquant notamment la dissolution des formations politiques et l’impossibilité de fournir les documents exigés. Certains ont également fait valoir que la période couverte dépassait le délai légal de conservation des pièces comptables fixé à dix ans.
Ainsi, seuls les partis ayant déposé au moins un compte de gestion ont pu être audités. Parmi eux figurent notamment l’Adema-PASJ, dont plus de 211 millions Fcfa de ressources déclarées et 542 millions Fcfa de dépenses n’ont pas pu être justifiés, ainsi que des montants soutenus par des pièces jugées non conformes.
Le rapport mentionne également des irrégularités concernant plusieurs autres formations politiques, telles que le CNID-FYT, la Codem, le MPR, le RPM, l’ADP-Maliba, l’URD ou encore Yèlèma. À l’inverse, l’Asma-CFP apparaît comme ayant globalement respecté les règles de justification de ses recettes et dépenses, malgré quelques insuffisances techniques relevées.
Dans le cadre du principe du contradictoire, les partis ont été invités à consulter les extraits du rapport provisoire et à formuler leurs observations avant le 5 novembre 2025. Seuls 35 partis ont répondu à cette invitation et 15 ont transmis des éléments de réponse. Le rapport révèle enfin que 150 partis n’ont jamais déposé de comptes de gestion auprès de la Section des comptes.
rédaction
diasporaction.com

