Dans le cadre de l’Année de la Culture 2026, le Mémorial Modibo Keïta a abrité une nouvelle édition de « Faso Baro Kènè », un espace d’échanges citoyens consacré à la réflexion sur les valeurs et les enjeux sociétaux au Mali.
Parrain des activités culturelles du mois de mars, le comédien et membre du Conseil national de Transition, Magma Gabriel Konaté, a animé une conférence autour du thème « Seko ni Donko : Mali Kura Josen », un appel à un sursaut moral et culturel pour construire le Mali de demain.
Dans une intervention à la fois pédagogique et critique, l’orateur a tenu à rappeler que la culture ne se limite pas aux manifestations festives. Selon lui, elle englobe l’ensemble des dimensions sociales, économiques et politiques d’une société.
« La culture, c’est notre manière de manger, de nous habiller, de penser et de vivre ensemble. Elle ne se résume pas aux spectacles ou aux fêtes », a-t-il expliqué.
Au cours de son exposé, le conférencier a également évoqué les transformations qu’a connues la société malienne à travers l’histoire, notamment sous l’influence de différentes formes de domination culturelle et religieuse. D’après lui, ces évolutions ont progressivement contribué à l’affaiblissement de certains repères traditionnels.
L’acteur a notamment déploré la perte progressive de plusieurs éléments du patrimoine culturel local. Le président de la Commission culture, éducation et environnement du CNT a souligné que de nombreux jeunes Maliens ignorent aujourd’hui des aspects importants de leur héritage culturel, comme les noms traditionnels des jours ou certaines valeurs sociétales autrefois transmises de génération en génération.
Pour Magma Gabriel Konaté, aucun développement durable ne peut se construire sans un socle culturel solide. Citant l’ancien président Modibo Keïta, il a rappelé que les valeurs culturelles constituent la base de toute construction nationale.
Il a ainsi exhorté les jeunes, mais aussi l’ensemble des Maliens, à se réapproprier leur identité culturelle. Parmi les symboles évoqués figure l’habillement traditionnel, qu’il considère comme une expression de l’authenticité et de la fierté identitaire. Mais au-delà de l’apparence, il a surtout insisté sur l’importance des comportements et des valeurs morales.
Un appel au retour des valeurs sociétales
« Nous devons réapprendre à transmettre nos valeurs sociétales à nos enfants », a-t-il déploré.
Pour le conférencier, la construction du Mali de demain passe nécessairement par un retour assumé à certaines valeurs fondamentales : la vérité, la responsabilité, l’exemplarité et la transmission.
Il a notamment invité les familles à assumer pleinement leur rôle dans l’éducation morale des jeunes générations.
« Que les pères soient des exemples, que les mères soient des exemples. C’est ainsi que nous pourrons bâtir un Mali fort », a-t-il conclu.
rédaction
diasporaction.com

