Un mois après la publication d’une nouvelle série de documents liés à l’affaire Epstein, l’ancienne secrétaire d’État américaine Hillary Clinton accuse le président Donald Trump d’avoir volontairement caché certains éléments du dossier.
Dans une interview accordée le 16 février à la chaîne britannique BBC, Hillary Clinton a dénoncé ce qu’elle qualifie d’opération de « dissimulation » orchestrée par l’exécutif autour des documents concernant le financier Jeffrey Epstein, condamné pour crimes sexuels et décédé en détention en 2019 — un décès officiellement conclu comme un suicide.
« Publiez ces dossiers. Ils traînent », a-t-elle lancé, appelant à une transparence totale alors qu’elle doit être entendue prochainement par une commission du Congrès.
De nouveaux documents rendus publics
En janvier, le ministère américain de la Justice a diffusé plus de trois millions de documents, photos et vidéos supplémentaires liés à l’affaire Epstein. Toutefois, certains parlementaires estiment que des notes internes et des échanges électroniques n’auraient pas été rendus publics.
Le ministère assure pour sa part qu’il ne reste aucun document à divulguer.
Les Clinton convoqués devant le Congrès
Le nom de l’ancien président Bill Clinton apparaît à plusieurs reprises dans les archives publiées, sans qu’aucune preuve d’implication illégale n’ait été établie. Lui et son épouse doivent être auditionnés à huis clos par une commission du Congrès américain.
La commission souhaite interroger Bill Clinton en raison de ses relations amicales passées avec Jeffrey Epstein, tandis qu’Hillary Clinton sera questionnée sur ce qu’elle savait de ces liens.
« Nous nous y rendrons, mais nous pensons qu’il serait préférable que cela se fasse publiquement. Je veux que tout le monde soit traité de la même manière », a-t-elle déclaré à la BBC. Elle doit être entendue le 26 février, son mari le 27.
L’ancienne cheffe de la diplomatie américaine a assuré que le couple n’avait « rien à cacher » et qu’il demandait depuis longtemps la publication intégrale des documents.
Une bataille politique en toile de fond
Selon Hillary Clinton, l’enquête menée par les républicains viserait surtout à détourner l’attention de Donald Trump, dont le nom apparaît également à plusieurs reprises dans les dossiers. Le président américain nie toute implication et affirme avoir été « totalement innocenté ».
La présence d’un nom dans les archives ne constitue toutefois pas, en soi, une preuve d’acte répréhensible. Les documents révèlent néanmoins l’existence de relations entre Jeffrey Epstein ou son entourage et plusieurs personnalités publiques ayant parfois minimisé ces liens.
Bill Clinton, qui a voyagé à plusieurs reprises à bord de l’avion privé d’Epstein et a été photographié à ses côtés, a déclaré en 2019 ne plus avoir été en contact avec lui depuis plus de dix ans. Il a toujours affirmé n’avoir eu aucune connaissance des crimes commis par le financier et ne fait l’objet d’aucune poursuite.
De son côté, Hillary Clinton assure n’avoir eu aucune interaction significative avec Jeffrey Epstein, n’avoir jamais utilisé son avion ni visité son île privée. Elle reconnaît toutefois avoir rencontré « à quelques reprises » Ghislaine Maxwell, ancienne proche collaboratrice d’Epstein, condamnée pour exploitation sexuelle.
rédaction
diasporaction.com

