Quand on est né noble, seuls tes propres actes peuvent te soustraire à cette noblesse, pas ceux des autres. Même pas l’emprisonnement,
surtout si celui-ci est une machination sur la base de discrimination raciale. Rokia Traoré est « Née libre » et elle ne s’est jamais ménagée
pour préserver son honneur et sa dignité en tant que telle. Cette réalité,cette vérité, est la quintessence de son livre, « Je suis née libre » !
Auteure-compositrice, Rokia Traoré a fait rayonner son art et entendre sa voix à travers le monde à travers chants et spectacles. Et brusquement,
tout a failli s’effondrer. A cause de son amour pour sa fille, elle a été empêchée de tourner, brimée, emprisonnée. Sous le coup d’un mandat d’arrêt
européen (avec indice rouge Interpol pour non présentation d’enfant), elle a été arrêtée à Rome (Italie) en juin 2024 puis extradée en Belgique.
Elle a ensuite recouvré la liberté après un accord à l’amiable avec le père de sa fille.
Cette bataille judiciaire est la trame de son livre, « Je suis née libre », sorti 29 octobre 2025 aux éditions J-C. Lattès. Une œuvre que la critique
classe comme « un récit personnel et politique, né d’une longue bataille judiciaire mais aussi d’un engagement sans faille pour l’art et la liberté ».
C’est une œuvre qui « interroge sur les rapports entre l’Europe et l’Afrique et sur les droits des femmes », entre autres. Elle est aussi accueillie comme
un « témoignage bouleversant ». C’est également la confession intimiste « d’une grande artiste, d’une mère, d’une femme parmi tant d’autres,
qui se bat pour ses enfants et pour dénoncer les rouages d’une justice à deux vitesses. Un livre manifeste ».
Pour un coup d’essai, la Rossignole du Bélédougou a vraiment marqué les esprits avec un livre bien accueilli par les critiques et les médias. Ainsi, si pour
RFI « ce livre est un fort plaidoyer », « France Inter » rappelle que de « la scène à la geôle, l’histoire de Rokia Traoré est celle du moment où tout
bascule après quoi la vie n’est plus jamais la même ». Nos confrères de « Le Temps » (quotidien français) ont mis l’accent sur « un livre où tout s’éclaire
sur son monde effondré ». Quant au « Le Canard enchaîné », il ne trouve « ni haine, ni apitoiement dans ce récit, mais un témoignage puissant sur la
détention ». Dans ses colonnes, « Le Point » est fasciné par « un livre qui témoigne d’une humanité profonde et d’un courage qui force le respect ».
« Malgré l’humiliation et l’injustice subies », a souligné « Fraternité Matin »,Rokia (dans son œuvre) ne cherche pas « à se victimiser »,
mais elle « utilise son expérience comme un miroir implacable des failles et des préjugés qui minent la justice ». Plus qu’un coup de gueule,
« Je suis née libre » est un état d’esprit, la revendication d’une liberté que rien ne saurait contrarier comme conviction profonde chez la jeune auteure.
Et comme nous le rappelle si bien « Fraternité Matin », Rokia (par sa plume) « se mue en porte-voix.
Elle offre non seulement une fenêtre sur la violence d’un système qui a failli la broyer, mais surtout la preuve éclatante qu’elle est, malgré tout,
née libre ».
Mais, comme le dit l’autre, « être libre est une conquête permanente ». Cela d’autant plus que « la liberté n’est pas un état acquis, mais un travail
constant ». C’est un état d’esprit qui se vit au quotidien par des actes de courage et de discernement, par exemple, en osant explorer de nouvelles
aventures et sortir de sa zone de confort. La liberté d’esprit est aussi « une aventure intérieure » où l’on choisit ses propres limites et ses propres règles,
acceptant que l’autre soit libre de faire ses propres choix.
Sans aucun doute que Rokia Traoré est consciente du prix de la liberté. Cela d’autant plus que la jeune star du showbiz est née… libre !
Moussa Bolly
diasporaction.com

